DMARC : une adoption massive, mais une protection encore insuffisante dans le e-commerce

Le protocole DMARC s’est imposé au fil des années comme un pilier de la sécurisation des échanges par courriel. Son principe est simple. En vérifiant que l’expéditeur d’un message est bien légitime, DMARC empêche les cybercriminels d’usurper un nom de domaine et de piéger des consommateurs avec de faux messages. Il repose sur trois politiques de protection, allant de la simple surveillance à la mise en quarantaine, puis au rejet, qui bloque fermement toute tentative frauduleuse avant qu’elle n’atteigne la boîte de réception.

Portrait Xavier Daspre Directeur Technique France Proofpoint
By Xavier Daspre Published on 12 février 2026 5h00
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58%58% des domaines observent la politique de rejet

Alors que ce mécanisme d’authentification a désormais une décennie d’existence, son adoption dans le e-commerce français poursuit sa progression. Mais les résultats montrent aussi que la maturité n’est pas encore totalement atteinte, en particulier sur le niveau de protection réellement appliqué. À l’heure où la période des fêtes attire une intense activité en ligne et une hausse des menaces, l’enjeu devient plus pressant que jamais.

Une adoption massive, mais encore incomplète

Une récente étude menée auprès des 50 principaux sites et applications de e-commerce français révèle un premier constat encourageant. L’ensemble de ces acteurs ont aujourd’hui publié un enregistrement DMARC standard. Cette généralisation confirme que le protocole est désormais pleinement reconnu comme un outil essentiel pour protéger les consommateurs contre l’usurpation d’identité par e-mail.

Pourtant, derrière cette adoption universelle se cache une fragilité. Seuls 58% des domaines observent la politique de rejet, la plus stricte, celle qui bloque de manière proactive les messages frauduleux. Les 42% restants se limitent encore à une politique de surveillance ou de quarantaine, insuffisante pour empêcher une attaque de parvenir jusqu’au destinataire. Cette situation montre qu’une partie du secteur reste vulnérable, malgré la progression globale de ces dernières années.

Sur les domaines en .fr, la tendance est plus positive. 61% d’entre eux appliquent la politique de rejet, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente. Cette amélioration confirme une prise de conscience accrue au sein de ces acteurs, souvent associés à une forte identité de marque et à un besoin de confiance renforcé.

Un contexte de menace qui se complexifie

La fraude par courriel, en particulier l’usurpation de domaine, reste l’un des moyens les plus courants et les plus efficaces pour tromper les consommateurs. Les campagnes malveillantes profitent de l’attrait des promotions, du stress de la livraison ou de la recrudescence d’e-mails transactionnels pour se fondre dans le paysage numérique.

L’arrivée de l’IA générative change encore la donne. Elle permet désormais de produire des messages crédibles, parfaitement contextualisés, rédigés dans un français impeccable et adaptés à la marque imitée. Les courriels trompeurs deviennent plus difficiles à repérer, même pour des utilisateurs vigilants. Dans ce contexte, DMARC reste l’un des rares remparts capables de bloquer une attaque avant qu’elle n’atteigne la victime, et son paramétrage au niveau de rejet devient essentiel.

Pourquoi la politique de rejet doit devenir la norme

La progression de l’adoption du protocole ne suffit plus. L’enjeu se situe désormais dans la qualité de sa mise en œuvre. Sans politique de rejet, un cybercriminel peut toujours envoyer aux consommateurs un message frauduleux imitant une marque de confiance. Les acteurs du e-commerce sont donc placés devant une responsabilité cruciale. Protéger leurs clients n’est pas uniquement une question de sécurité technique, c’est un acte fondateur de confiance et de réputation.

La généralisation du rejet représente le passage d’une posture défensive à une posture proactive. Elle empêche les e-mails d’usurpation de se glisser dans les boîtes de réception, réduit les risques de phishing et contribue à instaurer un climat de sécurité dans un secteur où les échanges numériques sont omniprésents.

Une maturité encore à construire

Une étape décisive a été franchie avec l’adoption quasi totale du protocole DMARC. Mais la légère stagnation observée dans la mise en œuvre de la politique la plus stricte met en évidence la nécessité d’un effort collectif. Alors que la période des achats en ligne atteint son apogée, les cybercriminels redoublent d’activité. La montée en puissance de l’IA rend leurs attaques plus convaincantes et plus nombreuses.

Dans ce contexte, renforcer la protection du courriel n’est plus une option. Pour les géants du e-commerce comme pour l’ensemble du tissu marchand, atteindre le niveau maximal de sécurité offert par DMARC doit devenir une priorité absolue. Non seulement pour contrer les menaces actuelles, mais aussi pour anticiper celles qui, avec l’évolution rapide des technologies, émergeront demain.

Portrait Xavier Daspre Directeur Technique France Proofpoint

Directeur Technique France chez Proofpoint

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