Face aux tensions sur les marchés financiers, la BCE a annoncé samedi élargir l’accès à ses liquidités en euro. Ces prêts, qui n’étaient disponibles qu’à certains pays, surtout d’Europe de l’Est, sont désormais accessibles à l’ensemble des banques centrales. Un dispositif qui pourrait renforcer le rôle de la monnaie unique.
Haro sur le dollar : une mauvaise nouvelle peut en cacher une bonne

C’est un signal faible qui est scruté de près par le marché. En décidant d’élargir l’accès aux liquidités en euros à des banques centrales hors de la zone euro, la BCE entend se préparer aux chocs à venir. Pour l’instant, la volatilité est réduite sur le marché des changes et les grandes tendances devraient rester inchangées tant que les taux courts sur le marché obligataire sont contenus.
En revanche, le positionnement très marqué des investisseurs institutionnels à l’égard du dollar américain inquiète et peut déstabiliser le système monétaire international. D’après la dernière enquête mensuelle de Bank of America auprès des gestionnaires d’actifs mondiaux, ces derniers n’ont jamais autant vendu le dollar depuis 14 ans. Ils cherchent à tout prix à réduire leur exposition à la monnaie américaine. En cause, des inquiétudes concernant l’indépendance de la Fed après le départ de Jerome Powell, une éventuelle bulle technologique américaine et aussi, de manière plus surprenante, le ralentissement du marché du travail aux États-Unis, en particulier pour les nouveaux entrants.
Pour l’instant, la fuite des actifs en dollar a surtout profité aux monnaies émergentes et à l’euro. A 1,18 en ce mardi 17 février, l’EUR/USD se maintient à un niveau solide.
Certains estiment que le dollar est désormais survendu et qu’un rebond est inévitable, ce qui correspond généralement au schéma observé dans le passé. Toutefois, les marchés sont rarement parfaitement rationnels et tant que les préoccupations concernant la conjoncture et la bourse américaines perdurent, les ventes de dollars pourraient continuer.
En élargissant l’accès aux liquidités en euros, la BCE donne un coup de pouce bienvenu à son internationalisation et à son usage croissant. Certes, la monnaie unique ne peut pas remplacer le billet vert. En revanche, elle pourrait profiter de la défiance actuelle pour augmenter sa part dans les échanges et les paiements internationaux.
