À partir du 1er mars 2026, chaque colis en provenance d’un pays hors Union européenne contenant des articles de faible valeur sera frappé d’une nouvelle taxe de 2 euros par produit. Une mesure ciblant directement les plateformes asiatiques et qui modifie en profondeur l’économie des achats en ligne à bas prix.
Temu, AliExpress : vous allez payer 2 euros de taxe dès le 1er mars

Une taxe sur les colis importés hors Union européenne dès le 1er mars 2026
Le compte à rebours est lancé. Dès le 1er mars 2026, une taxe inédite s’applique aux petits colis importés en France depuis des pays situés hors de l’Union européenne. Officiellement baptisée « taxe petit colis », elle a été créée par l’article 82 de la loi de finances pour 2026. Cette nouvelle taxe prévoit un prélèvement forfaitaire de 2 euros par article importé lorsque la valeur unitaire du produit est inférieure à 150 euros. Le seuil de 150 euros constitue la limite actuellement retenue par les règles douanières pour distinguer les envois de faible valeur. Jusqu’ici, ces produits échappaient à certains droits spécifiques. Désormais, ils seront systématiquement concernés.
La mesure vise explicitement les marchandises en provenance de pays tiers à l’Union européenne. Elle ne s’applique donc pas aux achats réalisés auprès de vendeurs établis au sein de l’espace communautaire. Autrement dit, commander en Allemagne ou en Espagne ne déclenche pas ce nouveau mécanisme fiscal. En revanche, un produit expédié depuis la Chine ou d’autres pays hors UE sera soumis au dispositif.
Le calendrier est également encadré. La taxe est conçue comme une mesure transitoire. Elle devra être abrogée au plus tard le 31 décembre 2026, date à laquelle un mécanisme équivalent est censé entrer en vigueur à l’échelle européenne. La France agit donc en précurseur, dans l’attente d’une harmonisation communautaire.
Comment fonctionne concrètement la taxe sur chaque colis et article
Le point clé tient dans la notion d’article. Contrairement à une idée reçue, la taxe ne s’applique pas par colis au sens postal du terme, mais par produit déclaré. Chaque article distinct contenu dans un envoi déclenche le paiement de 2 euros supplémentaires. Ainsi, un paquet contenant cinq articles différents d’une valeur unitaire inférieure à 150 euros entraînera un surcoût de 10 euros. En revanche, un seul produit, même expédié dans un emballage volumineux, ne sera taxé qu’à hauteur de 2 euros. Le mode de calcul repose sur les déclarations douanières et les informations transmises par les plateformes et les transporteurs.
Le seuil de 150 euros reste déterminant. La taxe concerne exclusivement les marchandises dont la valeur est inférieure à ce montant. Au-delà, d’autres régimes douaniers continuent de s’appliquer. Ce plafond correspond aux règles européennes déjà en vigueur pour les envois de faible valeur.
Concrètement, le paiement ne devrait pas s’effectuer au guichet de La Poste. Le mécanisme prévoit que la taxe soit collectée en amont par les plateformes de commerce en ligne ou par les opérateurs logistiques, puis reversée à l’État. L’objectif affiché est d’éviter des files d’attente ou des formalités supplémentaires pour les consommateurs, tout en garantissant une perception efficace.
Pourquoi cette taxe sur les colis vise les géants du e-commerce
Derrière cette réforme fiscale, il y a un contexte économique précis. La mesure cible notamment les plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress, spécialisées dans l’envoi massif de produits à très bas prix depuis l’Asie. Ces acteurs ont bâti leur modèle sur des milliers, voire des millions d’expéditions individuelles de petits articles, souvent vendus quelques euros pièce. Or, l’absence de droits spécifiques sur les produits de moins de 150 euros leur conférait un avantage compétitif significatif face aux distributeurs européens soumis à davantage de contraintes réglementaires et fiscales.
La nouvelle taxe de 2 euros par article change l’équation. Sur un T-shirt vendu 5 euros, l’augmentation représente une hausse de 40%. Sur un accessoire facturé 3 euros, elle fait presque doubler le prix final. À l’inverse, pour un article affiché à 120 euros, l’impact reste marginal, inférieur à 2%.
Le gouvernement met en avant plusieurs objectifs. D’une part, rétablir une forme d’équité avec les commerçants installés en France et dans l’Union européenne. D’autre part, limiter les importations massives de produits à bas coût, souvent expédiés individuellement, ce qui génère une empreinte logistique importante. La multiplication des petits colis a en effet des conséquences environnementales non négligeables, en matière de transport aérien et routier.
Une mesure transitoire en attendant une harmonisation au niveau européen
La taxe française ne doit pas s’inscrire dans la durée. Le texte prévoit une abrogation au plus tard le 31 décembre 2026. Cette date correspond à la perspective d’une réforme à l’échelle de l’Union européenne. L’idée d’un mécanisme communautaire fait son chemin depuis plusieurs mois. Bruxelles travaille à une refonte du régime applicable aux importations de faible valeur, dans un contexte de croissance exponentielle des flux liés au commerce en ligne international. La France anticipe donc une évolution plus large et ajuste temporairement son dispositif.
Pour les consommateurs, l’entrée en vigueur est imminente. Dès le 1er mars 2026, tout article importé de moins de 150 euros depuis un pays tiers sera concerné. Les plateformes devront adapter leurs systèmes de facturation en quelques jours. Les transporteurs, eux, devront intégrer ce nouveau paramètre dans leurs procédures douanières.
En pratique, la facture finale affichée lors du paiement en ligne devrait inclure automatiquement les 2 euros par article. Les acheteurs verront donc immédiatement l’impact de la taxe sur leur panier. Pour certains produits très bon marché, l’augmentation sera significative. Pour d’autres, elle restera marginale. Mais dans tous les cas, le modèle des petits colis ultra-abondants et ultra-économiques se trouve désormais sous pression réglementaire.
