Loin d’un désintérêt ou d’un rejet, à deux mois des élections municipales de mars 2026, la transition écologique s’impose dans le débat. Selon un sondage IFOP, une majorité de Français souhaite que les candidats poursuivent, et même renforcent, les politiques de transition écologique au plus près de leur quotidien, dans leurs communes.
Municipales 2026 : la transition écologique pèsera lourd dans le vote

Transition écologique : une exigence électorale devenue majoritaire pour les électeurs
La transition écologique apparaît désormais comme une exigence électorale majeure. Selon un sondage IFOP* pour Réseau Action Climat et le Secours Catholique – Caritas France, 58% des Français déclarent avoir constaté personnellement les effets du changement climatique ces dernières années. Ce ressenti, loin d’être abstrait, nourrit une attente directe envers les politiques publiques locales. D’ailleurs, cette perception grimpe à 66% parmi les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville, soulignant une exposition accrue aux conséquences environnementales.
Dans ce contexte, la transition écologique ne se limite plus à un discours national ou international. Au contraire, elle s’ancre fortement dans le périmètre communal. Ainsi, 52% des Français estiment que leur commune est mal préparée aux impacts du changement climatique. Cette défiance partielle traduit une attente de réponses concrètes, visibles et rapides à l’échelle locale, là où les politiques publiques touchent directement le quotidien des électeurs.
Par conséquent, le positionnement des candidats devient déterminant. Toujours d'après ce sondage, 63% des électeurs se disent gênés à l’idée de voter pour un candidat qui remettrait en cause des politiques de transition écologique déjà engagées dans leur commune. Cette gêne atteint même 72% dans les villes de plus de 100.000 habitants. Autrement dit, le recul écologique apparaît comme un risque électoral tangible pour les candidats, en particulier dans les grandes agglomérations.
Transition écologique et justice sociale : un lien fortement plébiscité par les Français
Au-delà de l’environnement, la transition écologique est étroitement associée à la justice sociale dans l’esprit des électeurs. Le sondage montre que 68% des Français soutiennent la priorité donnée aux plus démunis dans les politiques locales de lutte contre la pollution et le changement climatique. En effet, la transition écologique est perçue comme un levier de protection, notamment pour les populations les plus exposées. Les habitants des quartiers populaires, davantage confrontés aux îlots de chaleur, à la pollution ou à la précarité énergétique, expriment une sensibilité accrue à ces enjeux. Par conséquent, les électeurs attendent des politiques municipales qu’elles intègrent pleinement cette dimension sociale, en articulant écologie et solidarité.
Cette attente se traduit également dans l’adhésion massive à des mesures concrètes. Ainsi, 89% des Français approuvent la création d’espaces verts et la protection des zones naturelles et agricoles. De même, 86% soutiennent la préparation des bâtiments communaux aux effets du changement climatique. Dans cette perspective, il existe une attente forte pour une régulation des activités économiques locales. Ainsi, 82% des Français soutiennent la limitation de la consommation d’eau des entreprises. Vous l'aurez compris : la transition écologique, loin d’être perçue comme punitive, est envisagée comme un cadre collectif garantissant l’intérêt général. « Ce sondage doit agir comme un signal d’alarme pour les candidats : une majorité de Français attendent des candidats qu’ils s’engagent clairement en matière de transition écologique », commente Clara Sannicolo, porte-parole du Réseau Action Climat.
Transition écologique municipale : un critère décisif pour les candidats et les politiques locales
À l’approche du scrutin, la transition écologique s’impose donc comme un critère de choix déterminant. Les électeurs ne se contentent plus de promesses générales. Ils évaluent les candidats sur leur capacité à agir concrètement à l’échelle municipale, en matière d’aménagement, de logement, de mobilité ou de gestion des ressources. Cette exigence s’inscrit dans un contexte où les communes sont perçues comme des acteurs clés de l’adaptation au changement climatique.
D’ailleurs, l’étude révèle un paradoxe : si les attentes sont élevées, la confiance dans la préparation des communes reste fragile. Le fait que plus d’un Français sur deux juge sa commune mal préparée aux impacts climatiques constitue un signal politique fort. Cela implique que les candidats devront non seulement afficher des ambitions, mais aussi démontrer leur crédibilité et leur capacité d’exécution.
Dans ce cadre, la transition écologique devient un marqueur de sérieux et de compétence. Les électeurs associent désormais l’inaction ou le recul écologique à un manque de vision politique. À l’inverse, la poursuite des politiques engagées est perçue comme un gage de continuité, de responsabilité et d’anticipation. Cette évolution explique pourquoi une majorité d’électeurs se dit prête à sanctionner électoralement les candidats qui remettraient en cause les politiques existantes.
* Étude Ifop pour Réseau Action Climat et le Secours Catholique – Caritas France réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 15 décembre 2025 auprès :
… D’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
… D’un échantillon de 1 050 personnes, représentatif de la population des quartiers populaires (QPV) âgée de 18 ans et plus »
