À l’heure où le courrier traditionnel s’effondre en France — passant de 18 milliards de plis en 2008 à seulement 6 milliards en 2024, selon des chiffres donnés par 20 Minutes — les cartes postales maintiennent leur place dans le paysage économique estival. Longtemps considérées comme désuètes, elles génèrent pourtant une activité stable et rentable pour les éditeurs comme pour les commerçants.
Le succès des cartes postales en vacances, entre tradition et business, un modèle qui tient bon

La plupart des cartes postales envoyées en saison estivale
Selon l’Union professionnelle de la carte postale (UPCP), plusieurs dizaines de millions de cartes postales sont envoyées chaque année, un chiffre en phase avec les estimations de 330 millions de cartes postales par an recensées par Planetoscope. Ce marché reste extrêmement saisonnier, avec 81 % des ventes concentrées entre juin et septembre.
Face à l'érosion des ventes de courrier, les éditeurs ont adapté leur offre. Bertrand Stoll, président de l’UPCP, indique à Actu.fr : « On a pris ce virage pour répondre à une demande du public ». Résultat : l’émergence des cartes de luxe, vendues entre 2 et 3 euros, aux visuels soignés et à l’usage parfois décoratif, notamment chez les 18-25 ans.
Pour les détaillants, la carte postale constitue un produit d’appel à marge confortable : achetée 12 centimes hors taxe, elle est généralement revendue entre 50 et 60 centimes TTC, selon un buraliste de Saint-Malo interviewé par Actu.fr. Son faible coût de stockage et sa rotation rapide en font un placement sûr dans les lieux touristiques.
Des alternatives face à la hausse du timbre
Les freins à l’envoi, eux, se concentrent principalement sur le coût du timbre. Son tarif est passé de 0,88 € en 2019 à 1,39 € en 2025, avec une nouvelle hausse prévue à 1,52 € en 2026. À l’étranger, le tarif atteint déjà 2,10 € pour une carte expédiée hors France.
Pour amortir ces coûts, certains utilisateurs se tournent vers des applications mobiles qui permettent de personnaliser une carte postale numérique et de l’envoyer depuis la France, incluant le prix d’affranchissement. Une alternative qui permet de conserver le geste sans en subir les contraintes logistiques.
Enfin, les maisons d’édition misent sur la diversification. Les éditions Jack, par exemple, réalisent encore 30 % de leur chiffre d’affaires avec les cartes postales, mais complètent leur gamme avec des produits connexes comme les calendriers, magnets ou agendas.