Espionnage des conversations privées : Google passe à la caisse

Google a fini par céder. Accusée d’espionnage illégal via son assistant vocal, la firme américaine accepte de payer des dizaines de millions d’euros pour éteindre une plainte explosive. Derrière cet accord, une question centrale persiste : jusqu’où Google a-t-il enregistré des conversations privées à des fins de publicité, sans consentement clair ?

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 27 janvier 2026 6h30
Google
Espionnage des conversations privées : Google passe à la caisse - © Economie Matin
68 MILLIONS $Google a accepté de payer 68 millions de dollars pour clore une affaire d'espionnage.

Le 26 janvier 2026, à San Jose, en Californie, Google a officiellement déposé un règlement judiciaire visant à clore une plainte majeure liée à l’espionnage de conversations privées par Google Assistant. L’affaire, qui remonte à mai 2016, repose sur des accusations graves : des enregistrements audio captés sans activation volontaire, puis exploités dans l’écosystème publicitaire du géant technologique.

Espionnage des conversations : ce que la plainte reprochait à Google

L’espionnage dénoncé par les plaignants repose sur un mécanisme précis. Selon la plainte collective, Google Assistant se déclenchait par erreur, sans commande vocale intentionnelle. Dès lors, l’appareil enregistrait des conversations privées, parfois longues, parfois intimes. Ces enregistrements n’étaient ni clairement signalés ni explicitement autorisés, selon les documents judiciaires examinés par Reuters. Ce dysfonctionnement technique n’était donc pas marginal. Toujours selon Reuters, ces activations accidentelles, appelées « fausses acceptations », se produisaient sur une large gamme d’appareils. Smartphones, enceintes connectées et écrans domestiques étaient concernés.

Plus encore, la plainte affirme que ces conversations n’étaient pas seulement stockées sans le consentement des utilisateurs et à leur insu. Elles auraient servi à alimenter les systèmes de ciblage et d’optimisation publicitaire de Google. Ce point est central. Il transforme un problème de confidentialité en soupçon d’exploitation commerciale illicite, souligne Reuters.

Espionnage par Google : pourquoi l’affaire a pris une telle ampleur

L’espionnage reproché à Google s’inscrit dans un contexte juridique américain particulièrement strict. Les plaignants invoquent notamment des lois californiennes sur l’enregistrement de conversations, qui exigent le consentement explicite de toutes les parties concernées. Dans ce cadre, chaque activation involontaire devient potentiellement illégale. Or, selon les informations publiées par Engadget, la période couverte par la plainte débute le 18 mai 2016. Elle concerne des millions d’utilisateurs ayant associé leur compte Google à un appareil compatible avec Google Assistant.

Face à ces accusations d’espionnage, Google a toujours nié toute intention frauduleuse. La firme affirme que les enregistrements litigieux servaient avant tout à améliorer la reconnaissance vocale. Toutefois, comme l’a souligné Reuters, cette défense n’a pas suffi à écarter le risque d’un procès long et coûteux. D’où la stratégie de défense de Google, présentée comme pragmatique plutôt qu’aveu de faute.

L’accord conclu est lourd de sens. Google s’engage à verser 68 millions de dollars, soit environ 62 millions d’euros, pour mettre fin à la plainte. Ce montant, repris par Finance Yahoo, vise à indemniser les utilisateurs concernés par cet espionnage présumé. Cependant, la somme ne sera pas intégralement reversée aux victimes. Toujours selon Reuters, jusqu’à un tiers du fonds, environ 20 millions d’euros, pourrait être attribué aux avocats des plaignants au titre des frais de justice.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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