La Ferrari Luce, la voiture électrique qui va faire rêver

Ferrari dévoile sa première voiture électrique, la Luce, une berline 5 places de 1 113 chevaux commercialisée 500 000 euros. Ce modèle révolutionnaire, conçu avec l’ex-designer d’Apple, marque un tournant historique pour le constructeur italien.

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By Adélaïde Motte Published on 26 mai 2026 10h00
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La Ferrari Luce, la voiture électrique qui va faire rêver - © Economie Matin

Ferrari révolutionne l'automobile de luxe avec sa première supercar électrique

L'histoire de l'automobile vient d'écrire une page inédite. Ferrari a dévoilé le 25 mai 2026 à Rome sa toute première voiture entièrement électrique, la Luce — « lumière » en italien —, bouleversant ainsi sept décennies d'une tradition thermique cultivée jusqu'à l'obsession. Cette berline gran turismo à quatre portes marque un tournant stratégique d'une portée considérable pour le constructeur de Maranello, qui s'aventure pour la première fois dans l'univers de l'électrification premium avec un modèle au positionnement tarifaire proprement stratosphérique.

« Nous voulons élargir la communauté des Ferraristi », a déclaré Enrico Galliera, directeur marketing et ventes de la marque. Ces quelques mots résument l'ambition économique sous-jacente : séduire une clientèle fortunée plus jeune, issue des nouvelles technologies, concentrée dans les métropoles asiatiques et américaines, et jusqu'ici indifférente au rugissement du V12.

1 113 chevaux silencieux : des performances électriques qui défient la physique

La Ferrari Luce embarque une motorisation révolutionnaire composée de quatre moteurs électriques indépendants à flux radial, développant une puissance cumulée de 1 113 chevaux. Cette configuration inédite autorise des performances sidérantes : le 0 à 100 km/h s'accomplit en seulement 2,5 secondes, tandis que la vitesse maximale culmine à 310 km/h — de quoi laisser loin derrière la plupart des supercars thermiques contemporaines.

L'autonomie de 531 kilomètres selon le cycle WLTP repose sur une batterie lithium-ion NMC de 122 kWh, développée en partenariat avec le sud-coréen SK On mais assemblée intégralement à Maranello. L'architecture électrique à 880 volts autorise une recharge rapide jusqu'à 350 kW, permettant de récupérer 70 kWh en moins de vingt minutes.

Jony Ive et Ferrari : quand l'inventeur de l'iPhone dessine la voiture de demain

L'esthétique de la Luce est née d'une alliance aussi improbable que féconde entre le Centro Stile Ferrari et LoveFrom, le studio fondé par Jony Ive, ancien directeur artistique d'Apple et père de l'iPhone. De cette rencontre entre deux cultures du design d'exception a émergé une silhouette radicalement différente des codes traditionnels de la marque italienne.

Avec ses 5,02 mètres de long, la Luce constitue le plus grand modèle jamais sorti des ateliers de Maranello. Sa carrosserie privilégie l'efficacité aérodynamique, affichant un coefficient de traînée (Cx) de 0,254 — le plus bas de toute l'histoire du constructeur. Les jantes, aux dimensions inédites de 23 pouces à l'avant et 24 pouces à l'arrière, achèvent de conférer à ce bolide silencieux une présence visuelle hors du commun.

Cinq places et un coffre généreux : la Ferrari qui accueille toute la famille

La Luce ouvre une ère inédite dans l'histoire de la marque au cheval cabré : pour la première fois, cinq passagers peuvent prendre place à bord d'une Ferrari. L'absence de tunnel de transmission central — caractéristique propre aux architectures électriques — libère généreusement l'espace au centre de la banquette arrière. Le coffre, avec ses 597 litres, surpasse même celui du SUV Purosangue, le précédent modèle familial de la marque.

L'habitacle, co-signé lui aussi par LoveFrom, assume une philosophie résolument « anti-Tesla ». Loin de la tentation du tout-écran, Ferrari préserve de nombreuses commandes physiques en aluminium et en verre, offrant à ses occupants un retour haptique d'une qualité rare — un choix philosophique autant qu'esthétique, qui distingue la Luce de toute la concurrence électrique.

500 000 euros : comment acheter la Ferrari la plus chère de l'histoire

Commercialisée à partir de 500 000 euros hors taxes, soit environ 600 000 euros TTC, la Luce s'impose comme la Ferrari de série la plus onéreuse jamais produite. Ce positionnement la place sensiblement au-dessus du SUV Purosangue (environ 350 000 euros) et de la 12cilindri, consolidant son statut d'objet de désir absolu pour une poignée d'élus.

Les précommandes ont ouvert dès mars 2026, les premières livraisons européennes étant programmées pour octobre de la même année. Pour devenir propriétaire d'une Luce, il convient de contacter directement un concessionnaire Ferrari officiel, qui soumettra votre dossier à la marque — celle-ci sélectionnant, comme à son habitude, ses clients avec soin. Ce positionnement tarifaire exceptionnel reflète les coûts considérables du développement de cette plateforme électrique inédite, la construction d'un bâtiment dédié — l'E-Building — à Maranello pour son assemblage, ainsi que la volonté de préserver les marges opérationnelles d'exception qui font la singularité financière de Ferrari face à ses concurrents, notamment les supercars électriques chinoises comme la Yangwang U9 de BYD.

Un pari audacieux dans un marché électrique haut de gamme encore incertain

Le lancement de la Luce intervient dans un contexte économique délicat pour l'électrification premium. Ferrari a d'ailleurs revu ses ambitions initiales à la baisse : l'objectif de 40 % de modèles électriques d'ici 2030 a été ramené à 20 %, au profit d'une offre hybride (40 %) et thermique (40 %) maintenue en parallèle — un équilibre pragmatique qui témoigne de la prudence du constructeur face aux incertitudes du marché.

Cette prudence stratégique s'explique aisément au regard du ralentissement observé sur le segment des supercars électriques. Lamborghini a reporté son premier modèle 100 % électrique à 2030, tandis que Porsche modère ses investissements dans ce domaine. En Bourse, l'action Ferrari (RACE) reflète cette incertitude : après avoir franchi les 400 euros en 2025, le titre s'échange désormais sous les 300 euros à Milan, les investisseurs intégrant pleinement les défis de la transition électrique.

Le succès commercial de la Luce constituera un test grandeur nature : celui de l'appétit réel d'une clientèle ultra-fortunée pour une Ferrari silencieuse, dans un univers où le rugissement du V12 demeure, pour beaucoup, le critère d'achat le plus irrationnel — et le plus irrésistible.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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