Franchises médicales : le plafond pourrait grimper à deux euros par boîte

Le ministre délégué chargé de la Santé et de l’Accès aux soins, Yannick Neuder, a annoncé, le 31 juillet sur les ondes de Franceinfo, une possible augmentation du plafond des franchises médicales, un mécanisme de participation forfaitaire des patients aux dépenses de santé. Cette décision s’inscrit dans un plan d’économies plus vaste, alors que le gouvernement tente de contenir une explosion des coûts liée à l’Assurance-maladie.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 31 juillet 2025 16h00
Franchises médicales : le plafond pourrait grimper à deux euros par boîte
Franchises médicales : le plafond pourrait grimper à deux euros par boîte - © Economie Matin

Le plafond des franchises médicales dans le viseur de l’exécutif

Le système des franchises médicales impose actuellement à chaque assuré une participation de cinquante centimes d’euro par boîte de médicament ou acte paramédical, dans une limite annuelle fixée à cinquante euros. Le gouvernement souhaite désormais doubler ce plafond à cent euros. Cette mesure est explicitement intégrée au plan budgétaire 2026, présenté le 15 juillet par le Premier ministre François Bayrou.

L'objectif est de réduire de cinq milliards d’euros les dépenses de santé, sur les 43,8 milliards d’euros d’économies globales visées. Dans les colonnes du Monde, M. Bayrou a justifié cette orientation : « La dépense de santé augmentera l’année prochaine de 10 milliards d’euros. Ce n’est pas soutenable. Je propose que nous fassions l’effort de limiter cette hausse de moitié ».

"Ça peut être deux euros", avance le ministre de la Santé

Interrogé sur la possibilité que la franchise atteigne deux euros par boîte de médicament, Yannick Neuder a répondu sur Franceinfo: « Ça peut être deux euros par boîte de médicaments. Ce sera tranché dans les semaines à venir ». Il a toutefois tenu à rassurer, cette hausse ne serait pas "brutale" et respecterait un plafond annuel raisonnable. Selon ses propos, la franchise ne devrait pas excéder huit euros par mois, soit environ cent euros par an, confirmant les chiffres avancés par Matignon.

L’approche du gouvernement se veut équilibrée. Yannick Neuder insiste sur la nécessité de répartir équitablement la contrainte budgétaire : « Cette augmentation doit être soutenable pour tout le monde : pour les entreprises, pour l’Assurance-maladie, pour les patients ». Le ministre défend une logique de "responsabilisation" des assurés, arguant que ces franchises permettent de révéler le vrai coût des soins, souvent perçu comme invisible du fait de la prise en charge collective.

Des implications concrètes pour les assurés et le débat politique relancé

Si cette réforme entre en vigueur, chaque patient pourrait avoir à débourser jusqu’à deux euros par médicament, consultation ou acte médical, dans une limite qui pourrait atteindre cent euros par an. Cette perspective relance le débat sur la justice sociale et l’accès aux soins.

Le doublement du plafond inquiète les associations de patients. Dans une atmosphère budgétaire tendue, le gouvernement assume ses choix. Mais les réactions, tant au sein du monde médical que chez les citoyens, s’annoncent vives, voire conflictuelles.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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