Google a annoncé, le 30 juillet, sa décision de signer le code de pratique de l’Union européenne sur l’intelligence artificielle, un texte volontaire censé guider les entreprises dans la mise en conformité avec le AI Act. Cette décision intervient alors que la pression réglementaire s’intensifie sur les grands modèles d’IA et que les entreprises du secteur oscillent entre adhésion et réserve.
Google signe le code européen sur l’IA malgré ses réserves

Google et l’Union européenne : un engagement sous conditions
Le président des affaires mondiales de Google, Kent Walker, a officialisé cette signature dans un billet de blog publié mercredi. Il y affirme dans des propos rapportés par Boursorama : « Nous agissons ainsi dans l'espoir que ce code, tel qu'il est appliqué, favorisera l'accès des citoyens et des entreprises européens à des outils d'IA sécurisés et de premier ordre dès qu'ils seront disponibles ».
Mais cet engagement ne se fait pas sans réserve. Toujours selon Kent Walker, la firme craint que certaines dispositions du code et du AI Act ne freinent l’innovation : « Les écarts par rapport à la législation européenne sur le droit d'auteur, les mesures qui ralentissent les approbations ou les exigences qui exposent les secrets commerciaux pourraient freiner le développement et le déploiement de modèles européens, ce qui nuirait à la compétitivité de l'Europe ». Google dit oui à la régulation, mais exige de la flexibilité.
Le code européen : transparence, droits d’auteur et sécurité
Publié officiellement par la Commission européenne le 10 juillet 2025, le General-Purpose AI Code of Practice repose sur trois piliers :
- Transparence : obligation de documenter la manière dont les modèles sont entraînés ;
- Droits d’auteur : garantie que les données utilisées respectent les lois européennes ;
- Sécurité et sûreté : exigences spécifiques pour les modèles jugés à risque systémique.
Ce code, élaboré par 13 experts indépendants, permet aux signataires de bénéficier d’une sécurité juridique renforcée en prouvant leur conformité aux articles 53 et 55 du AI Act. Il constitue une réponse directe aux préoccupations des développeurs confrontés à une législation jugée complexe, voire contraignante.
Qui signe, qui s’abstient : les géants de la tech divisés
Si Google a choisi de s’engager, tous les géants du secteur ne suivent pas. Microsoft a indiqué en juillet par la voix de son président, Brad Smith, qu’il signerait probablement le texte. Meta, en revanche, a refusé, invoquant des incertitudes juridiques sur la façon dont les exigences pourraient affecter les développeurs de modèles.
La liste des signataires publiée par la Commission est éloquente : Amazon, IBM, Anthropic, Mistral AI, OpenAI, Aleph Alpha, Cohere, et même des acteurs plus modestes comme ServiceNow ou Writer ont déjà rejoint l’initiative.
