La vitesse excessive change de statut en France. Depuis le 29 décembre 2025, les très grands excès de vitesse basculent dans le champ pénal. Désormais, dépasser largement la limitation n’expose plus seulement à une amende, mais aussi à des peines lourdes, dont la prison. Voici ce qu’il faut savoir sur ces nouvelles sanctions qui redessinent le Code de la route.
Grands excès de vitesse : désormais sanctionnés d’une peine de prison

Le 29 décembre 2025, en France, le dépassement d’au moins 50 km/h au-dessus de la limitation de vitesse devient un délit. Cette réforme, issue d’un décret publié au Journal officiel, vise à répondre à l’augmentation des comportements dangereux et à renforcer la sécurité routière.
Code de la route : un changement de qualification pour les grands excès de vitesse
Le changement est d’abord juridique. Jusqu’alors, un dépassement de vitesse de 50 km/h ou plus relevait d’une contravention de 5e classe. Désormais, la vitesse franchit un seuil pénal. L’infraction devient un délit, avec toutes les conséquences judiciaires associées. Ainsi, au-delà de la simple amende, l’automobiliste s’expose à des poursuites pénales, une inscription au casier judiciaire et une comparution éventuelle devant un tribunal, selon le ministère de l’Intérieur.
Cette requalification s’inscrit dans une logique de fermeté assumée. Les autorités rappellent que la vitesse excessive n’est pas un simple écart, mais un facteur majeur d’accidents graves. Selon le ministère de l’Intérieur, 63 217 très grands excès de vitesse ont été constatés en 2024, soit une hausse de 69 % par rapport à 2017. Comme l’a expliqué Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, « franchir la limite de plus de 50 km/h, ce n’est pas une simple infraction : c’est un comportement qui met délibérément des vies en danger ».
Quelles sanctions pour les grands excès de vitesse : amende, prison et peines complémentaires
Les nouvelles sanctions marquent une rupture nette. Pour un dépassement de vitesse d’au moins 50 km/h, la peine maximale peut atteindre trois mois de prison et 3 750 euros d’amende, selon le ministère de l’Intérieur. Cette amende est bien supérieure à l’ancien plafond de 1 500 euros prévu par le Code de la route pour une contravention de 5e classe.
En outre, le juge peut prononcer des peines complémentaires. Parmi elles figurent la suspension ou l’annulation du permis de conduire, la confiscation du véhicule utilisé, ou encore une interdiction de conduire certains véhicules pendant une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans, selon le ministère de l’Intérieur.
Si la vitesse est ainsi ciblée, c’est parce qu’elle demeure un facteur central d’accidentalité. Les autorités soulignent que les très grands dépassements de limitation se traduisent souvent par des manœuvres dangereuses, notamment sur autoroute.
