L’inflation en France s’est établie à 1,2 % sur un an en septembre 2025, d’après l’Insee. Ce regain s’explique par la hausse des prix alimentaires et des services, malgré la baisse persistante de l’énergie. Comparée aux années précédentes, la dynamique reste contenue mais les prévisions appellent à la prudence pour la suite de l’année.
Inflation : en septembre, les prix accélèrent légèrement en France

Le 30 septembre 2025, l’Insee a publié son estimation provisoire de l’inflation en France. Les prix à la consommation affichent une progression de 1,2 % sur un an, après +1,0 % en août. L'inflation conserve donc toute son importance pour les ménages, car elle détermine directement leur pouvoir d’achat. Derrière ce chiffre se cache une évolution contrastée selon les produits et un ralentissement net par rapport aux fortes hausses enregistrées entre 2022 et 2023.
Une inflation modérée mais alimentée par les dépenses quotidiennes
En septembre, l’Insee a rappelé que « l’inflation en France est estimée à 1,2 % sur un an en septembre 2025 ». Cette évolution constitue une accélération par rapport à août, où le chiffre ressortait à 1,0 %. Dans le détail, les prix alimentaires et les services tirent la tendance à la hausse. Les ménages le constatent dans leurs courses quotidiennes, notamment sur les produits transformés et la restauration.
À l’inverse, les prix de l’énergie continuent de reculer, allégeant quelque peu la facture globale. Cette baisse permet de contenir la progression des prix et évite un retour à des niveaux de flambée tels que ceux enregistrés en 2022, quand l’inflation dépassait 6 %. Toutefois, la perception des ménages reste marquée par l’augmentation des dépenses contraintes, qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat malgré la décélération générale.
Comparaison avec les années précédentes : un retour au calme relatif
Les données de 2025 contrastent fortement avec celles de 2022 et 2023, années où la crise énergétique et les tensions géopolitiques avaient propulsé l’inflation vers des sommets historiques. À l’époque, les prix de l’énergie et des denrées alimentaires avaient simultanément explosé, entraînant des taux supérieurs à 6 % pendant plusieurs mois consécutifs.
Aujourd’hui, la dynamique annuelle apparaît beaucoup plus contenue. En septembre 2024, l’inflation en France s’élevait encore à 3,6 %, soit trois fois plus qu’actuellement. Le retour vers un rythme proche de 1 % souligne l’efficacité combinée des baisses de prix sur l’énergie, du resserrement monétaire européen et d’une normalisation progressive des chaînes d’approvisionnement. Pourtant, certains postes comme les services, très sensibles aux hausses salariales, continuent de peser dans la balance. Par ailleurs, si l'on peut observer une hausse moins rapide des prix, il n'en reste pas moins que la hausse existe, ce qui peut être difficile à vivre pour de nombreux Français qui ont du mal à boucler leurs fins de mois.
L’indice harmonisé confirme une inflation maîtrisée en Europe
Au-delà de l’indicateur national, l’Insee a également publié l’indice harmonisé des prix à la consommation (IPCH), utilisé pour comparer les pays de l’Union européenne. Celui-ci ressort à +1,1 % sur un an en septembre 2025, après +0,8 % en août. Cette mesure conforte l’idée d’une stabilisation durable en France, proche de la cible de 2 % fixée par la Banque centrale européenne.
L’intérêt de cet indice est de mettre en perspective la situation française avec celle de ses voisins. Dans plusieurs pays de la zone euro, l’inflation reste supérieure à 2 %, preuve que la France bénéficie d’une dynamique plus favorable. Ce différentiel traduit l’impact des politiques publiques nationales, notamment sur l’électricité et le gaz, qui continuent d’encadrer les hausses. Pour autant, l’écart pourrait se réduire si la tendance actuelle à la remontée des prix alimentaires se confirmait dans les prochains mois.
Prévisions pour la fin d’année : une stabilité fragile
Les économistes anticipent une inflation comprise entre 1,3 % et 1,5 % d’ici décembre 2025. Ce scénario repose sur la poursuite de la baisse des prix de l’énergie et sur une modération des hausses de salaires dans les services. Mais il demeure entouré de nombreuses incertitudes, liées notamment aux marchés agricoles et aux tensions géopolitiques.
Si les cours du pétrole ou du gaz devaient repartir à la hausse, l’effet protecteur observé depuis un an pourrait rapidement s’inverser. De même, la demande intérieure soutenue par les salaires et certaines dépenses publiques pourrait générer de nouvelles pressions. En attendant, le niveau actuel d’inflation offre un répit aux ménages, même si le pouvoir d’achat reste érodé par plusieurs années de hausses successives.
