Etre jeune était aussi difficile hier qu’aujourd’hui et ce ne sera pas mieux demain

Lorsque je vois ce genre de remarques concernant les « vieux » contre les « jeunes » et ces derniers, les jeunes qui se plaignent de leur triste condition de jeune, je pense qu’il faut vraiment sortir de cette opposition stérile qui occulte les vrais sujets et l’un des vrais sujets est évidemment l’implication des jeunes dans le travail, mais pas uniquement, dans leur vie même, dans leurs projets de vie même et là, effectivement la différence générationnelle est très importante, mais surtout très problématique.

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By Charles Sannat Published on 23 janvier 2026 8h12
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Etre jeune était aussi difficile hier qu’aujourd’hui et ce ne sera pas mieux demain - © Economie Matin
21,9%en 2023, au seuil de 60 %, 21,9 % des personnes de moins de 18 ans ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté

Vous allez voir, il ne s’agit en aucun cas d’un réquisitoire contre les jeunes, mais au contraire d’une réflexion qui me semble importante pour prendre de la hauteur également avec bienveillance car, tout vieux a été jeune et tout jeune, nous lui souhaitons, deviendra vieux!

Etre jeune c’est toujours difficile !

Etre jeune c’est toujours difficile.

Démarrer dans la vie c’est toujours difficile et rien n’était plus facile pour les jeunes d’hier que pour les jeunes d’aujourd’hui.

Il faut se trouver, trouver son chemin il faut s'apaiser et régler ses problèmes familiaux.

Il faut « grandir », devenir adulte pleinement, s’assumer, apprendre à ne plus se mentir, à se dépasser, que nos actes ont des conséquences que ce soit des actes, des abandons ou des renoncements.

Être jeune a toujours été et sera toujours difficile.

Se rassurer en se comparant n’est pas une bonne idée

« Quand je me regarde, je me désole; quand je me compare, je me console »… l’un des sujets épineux et que nos jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus se regarder parce que nous leur avons, nous les adultes, mentis toute leur vie. Sur leur note, sur le « harcèlement », sur leur niveau et leur capacité, sur le fait qu’il pouvait avoir des plans spéciaux et tous des petits passe-droit des PAP, des PAP, des PUP et autres aides de ce genre, mais à un moment, il faut savoir se regarder et s’accepter tel que nous sommes avec ce qu’il y a de bien et de moins bien, il nous faut capitaliser sur le bien et tenter dans notre chemin de vie d’améliorer au mieux le moins bien. Ne pas apprendre cela à nos enfants c’est les envoyer dans le mur et c’est globalement ce que nous faisons collectivement.

Alors, pour se rassurer, ils se « comparent » et c’est la faute aux vieux!

Je concède volontiers un point, la pression des cotisation sociales est telle sur les salaires pour payer les retraites avec de l’argent que nous n’avons pas, que non seulement nous diminuons les salaires de ceux qui travaillent par les hausses de cotisation, mais comme en plus cela ne suffit pas, nous augmentons la dette. Mais en réalité ce n’est pas cela qui rend notre jeunesse triste, dépressive et désabusée.

Ils se comparent en expliquant que « nous » quand nous étions jeunes c’était différent… c’est vrai. Pour un jeune homosexuel de 18 ans c’était très différent et le rejet bien plus grand. Pour un jeune issu de l’immigration aussi c’était très différent. D’ailleurs pour un jeune issue de banlieue c’était aussi très différent et encore plus difficile qu’aujourd’hui. Vous n’avez même pas idée de ce qu’à pu entendre ma femme qui venait de la Fac de Villetaneuse dans le 93.

En réalité, jamais les jeunes n’ont été aussi protégés et couvés que maintenant y compris au travail et dans les entreprises ! Ils ont même des babyfoot ou des formations en gestion des émotions… je ne vous parle même pas des entreprises qui doivent les former à avoir une conversation téléphonique parce qu’ils ne savent plus se parler… ils se parlent par « vocaux » interposés comprenez par là par message sur répondeur…

Ils se comparent et pensent que nous avions de « gros salaires »… mais pas du tout. Nos salaires étaient faibles, et surtout, il y avait un terrible chômage des jeunes lorsque nous sommes sortis de nos études. La moitié de mes camarades sont partis vendre des big mac à Londres ou servir des bières pour au moins apprendre l’anglais parce que nous ne trouvions de pas de travail en France. C’était l’époque de la récession des années 90 liée à la réunification allemande.

La qualité des logements n’avait rien à voir. On vous explique que l’immobilier était moins cher, ce qui est vrai, mais nous logions dans ce qui serait aujourd’hui considéré comme des taudis insalubres. Les voitures n’avaient pas la clim ni la direction assistée mais on en trouvait pour 10 000 francs c’est vrai comme ma première Twingo.

Il n’était pas plus facile hier qu’aujourd’hui de trouver un poste et de le garder. Le CDI se faisait très rare.

Et puis quand on est jeune on ne fait pas toujours le bon choix, on pense que l’herbe est plus verte ailleurs, on a du mal à se projeter, à savoir ce que l’on veut vraiment faire et ce que l’on aime. Les boulots n’avaient pas plus ou pas moins de sens hier qu’aujourd’hui.

Laisser croire que c’était plus facile avant est un immense mensonge et je ne mens jamais. Je peux me tromper, mais le mensonge lui, ne fait pas parti de mon logiciel intellectuel.

Alors qu’est-ce qui a changé?

Les mensonges je vous l’ai dit que l’on raconte à nos enfants depuis leur plus tendre enfance. Ils sont tous géniaux, quand ça ne va pas c’est les autres qui sont méchants, dès qu’on leur dit non, c’est du harcèlement, quand ils ont des difficultés c’est parce qu’ils sont « dys » quelque chose ou hyperactif etc… Il leur faut des aménagements… mais la vie, elle ne ménage personne.

La drogue, qui est prise par maintenant une majorité de jeunes et ces drogues douces (enfin dites douces) qui ont une teneur en principes actifs plus élevée de 80% en quelques années grillent leur cerveaux et tuent leurs envies de vie.

L’anxiété climatique qui les rend a-quoi-boniste… à quoi bon faire des projets nous allons tous mourir demain dans d’horribles souffrances climatiques.

Vous avez aussi le poids des technologies et des réseaux sociaux qui les coupent d’une certaine manière de la réalité et de sa dureté.

Vous avez aussi le socialisme français qui fait croire que tout le monde doit tout avoir, que les inégalités c’est moches alors que c’est souhaitable (sinon aucune diversité ni liberté) que tout est gratuit, et que la responsabilité individuelle est un truc de fasciste.

A ces facteurs vous pouvez rajouter ceux inhérents à tous les jeunes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Oui, se trouver est difficile.

Démarrer dans la vie sans rien est difficile, mais c’est le socialisme français qui leur fait croire qu’ils devraient commencer par l’arrivée…

Nous démarrons sans rien.

Nous accumulons de l’expérience, du capital, et du savoir.

Nous terminons nettement plus riches à la fin qu’aux débuts… c’est normal. C’est le sens de la vie.

Les premières années cette accumulation est terriblement lente, très frustrante. Les salaires montent peu. On nous disait d’ailleurs, « si t’es pas content tu n’as qu’à aller ailleurs ». On nous disait « ton salaire c’est ton augmentation ». On nous disait… « tu es payé pour faire ton travail, avoir fait ton travail ne mérite pas une augmentation ». Hier, il n’y avait ni 35 heures, ni RTT, ni loi contre le harcèlement, vous pouviez même fumer dans le nez de votre voisin toute la journée, et quand c’était le chef, vous vous la fermiez, vous n’aviez pas de congé paternité et je vous en passe.

Etre jeune c’est être pauvre. 

Etre jeunes parents, c’est tirer la couenne et ne pas rouler sur l’or.

Hier, comme aujourd’hui et comme demain.

Etre jeune c’est être pauvre et la réalité c’est que les jeunes d’aujourd’hui ne supporte pas, ne supporte plus l’idée qu’il serait normal qu’ils soient pauvres et vivent pauvrement.

La réalité c’est qu’ils voudraient vivre sensiblement comme leur parent. Mais c’est un mensonge et une illusion.

Etre jeune, c’est être pauvre.

Ceux qui ne comprennent pas cela se condamnent à la frustration et à être malheureux sans avancer dans la vie.

Comprenez moi bien, ce n’est pas moi qui les condamnent… c’est eux-mêmes qui se condamnent en refusant de comprendre que l’on ne peut pas avoir en début de vie ce que l’on met par définition une vie entière à construire et à bâtir avec plus ou moins de réussite et de difficultés.

Alors à tous les jeunes qui liront ces lignes, avancez, amusez-vous, créez, entreprenez, soyez passionnés, faites ce que vous aimez, mettez de côté, vivez d’amour et d’eau fraîche, la vie est belle, elle est courte, et vous réussirez si vous mettez les choses dans le bon sens dès le départ!

Alors oui, être jeune c’est être pauvre et donc c’est « travaille, famine, pâtes et riz » presque tous les jours, sinon essayez les patates au beurre c’est excellent et Dieu sait que nous en avons mangé avec ma femme.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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