Le pétrole avait gagné plus de 10 % en octobre : quelques signes de dialogue avec l’Iran lui font perdre plus de 7 % en une journée

Les cours du pétrole ont brutalement reculé lundi 2 novembre, alors que Washington et Téhéran laissent entrevoir une possible issue diplomatique à leur conflit. Le Brent est repassé sous les 105 dollars, après plusieurs semaines de tensions autour du détroit d’Ormuz. Pourtant, aucun accord n’a encore été conclu.

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By La rédaction Published on 3 novembre 2026 6h47
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Le pétrole avait gagné plus de 10 % en octobre : quelques signes de dialogue avec l’Iran lui font perdre plus de 7 % en une journée - © Economie Matin
8,66 DOLLARSLe Brent a ainsi perdu 8,66 dollars par baril en une seule séance le 2 novembre 2026

Le prix du pétrole a connu lundi 2 novembre 2026 sa plus forte baisse quotidienne depuis juillet. Le baril de Brent, référence du marché international, a terminé la séance à 104,77 dollars, en recul de 7,63 %. Le pétrole américain WTI a perdu 7,36 %, à 96,46 dollars.

Cette chute intervient après un mois d'octobre marqué par une hausse de plus de 10 % des cours. Les marchés redoutaient alors une nouvelle escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran, notamment après les élections américaines de mi-mandat prévues mardi 3 novembre.

Les cours chutent alors qu'aucun accord de paix n'a été signé

Il n'aura fallu que quelques déclarations pour provoquer un net changement sur le marché pétrolier. Lundi, Donald Trump a affirmé que l'Iran souhaitait parvenir à un accord et qu'une entente restait possible.

Quelques jours plus tôt, le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait déjà indiqué que le président privilégiait une solution diplomatique plutôt que de nouvelles opérations militaires.

Du côté iranien, le président Massoud Pezeshkian a lui aussi évoqué la possibilité de résoudre le conflit par le dialogue. Selon les médias officiels du pays, le guide suprême Mojtaba Khamenei a accordé au gouvernement certaines prérogatives pour poursuivre les discussions.

Ces annonces ont suffi à faire reculer les prix. Les investisseurs avaient intégré dans le cours du pétrole le risque de nouvelles attaques contre les installations énergétiques et les navires circulant dans le Golfe. La perspective d'une désescalade a réduit cette crainte.

D'après les chiffres de clôture publiés par Reuters, le Brent a ainsi perdu 8,66 dollars par baril en une seule séance. Le WTI a reculé de 7,66 dollars.

Cette baisse ne signifie pas que davantage de pétrole est déjà disponible. Elle traduit d'abord un changement dans les anticipations des opérateurs.

Le détroit d'Ormuz reste au centre des négociations

Depuis le début du conflit, fin février, les perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz pèsent lourdement sur l'approvisionnement mondial.

Ce passage situé entre l'Iran et Oman permet normalement d'acheminer une part considérable du pétrole et du gaz exportés depuis le Golfe. Les attaques contre des pétroliers et les restrictions de circulation ont compliqué les livraisons pendant plusieurs mois.

Les discussions en cours, menées avec l'aide de médiateurs qataris, portent notamment sur la réouverture du détroit et la levée du blocus américain visant les ports iraniens.

Téhéran réclame également un assouplissement des sanctions économiques et une réduction de la présence militaire américaine dans la région. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, estime qu'un accord reste possible si Washington fait preuve de bonne volonté.

Un projet de compromis circule entre les médiateurs, mais aucune percée diplomatique décisive n'avait été annoncée lundi soir.

Le marché reste d'autant plus sensible à ces discussions que les réserves pétrolières ont fortement diminué depuis le début de la guerre. Selon Sultan Al Jaber, dirigeant de la compagnie pétrolière émiratie ADNOC, près d'un milliard de barils ont été prélevés dans les stocks mondiaux depuis les premières perturbations du trafic maritime.

De nouvelles frappes américaines font déjà remonter le pétrole mardi

La chute de lundi n'a pas empêché un nouveau retournement dès les premières heures du mardi 3 novembre.

Des frappes américaines contre des positions iraniennes près du détroit d'Ormuz ont été rapportées dans la nuit. Selon Associated Press, des responsables américains les ont présentées comme des opérations limitées destinées à protéger la navigation commerciale.

Ces informations ont immédiatement ravivé les inquiétudes sur le marché. Mardi matin, le Brent est remonté autour de 105 dollars le baril, tandis que le WTI s'est rapproché de 97 dollars, selon les données rapportées par Reuters.

Pour les automobilistes français, la baisse des cours du brut ne garantit donc pas une diminution immédiate des prix à la pompe. Les tarifs des carburants dépendent aussi des coûts de raffinage, du transport, des taxes et des stocks achetés auparavant par les distributeurs.

Les cours restent surtout exposés à l'évolution des discussions entre Washington et Téhéran. Les médiateurs poursuivent leurs échanges, mais les deux pays n'ont pas annoncé de cessez-le-feu. Mardi matin, le trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz demeurait perturbé, malgré les espoirs suscités la veille par la reprise du dialogue.

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