Les actions américaines ont fait preuve d’une résilience remarquable dans un contexte de forte volatilité, soutenues par des résultats d’entreprise exceptionnels et un cycle d’investissement massif dans l’intelligence artificielle.
L’équilibre du marché

Si certains risques persistent — notamment le choc énergétique, l’inflation et un positionnement parfois excessif — la tendance haussière du marché et la robustesse des entreprises américaines continuent d’alimenter des perspectives favorables. Bien que les valeurs liées à l’IA aient largement contribué à la performance du marché au cours du mois écoulé, une allocation de portefeuille efficace doit veiller à éviter une concentration excessive, y compris dans les secteurs technologiques, et intégrer des stratégies de couverture ainsi qu’une protection contre l’inflation.
Explosion des bénéfices. La croissance des bénéfices du S&P 500 au premier trimestre a dépassé 25 % sur un an, nettement supérieure à nos attentes (17 %) et au consensus du marché (12 %). Cette performance exceptionnelle s’explique en partie par des éléments non récurrents (cessions d’actifs, crédits d’impôt), mais la dynamique bénéficiaire sous-jacente demeure très robuste. Elle est soutenue par une demande finale résiliente — en particulier dans la technologie, la consommation et l’industrie — ainsi que par la capacité des grandes entreprises américaines à maintenir leurs marges, malgré la hausse des coûts et un environnement économique incertain. Leur chiffre d’affaires affiche une progression supérieure à 10 %, un niveau remarquable qui fait de ce trimestre l’un des meilleurs pour les grandes capitalisations américaines depuis plusieurs années. Cela illustre une nouvelle fois l’exceptionnalisme des entreprises US, capables de générer des profits élevés et stables dans un contexte complexe.
Dans le secteur technologique, après une forte accélération des investissements au quatrième trimestre 2025, les résultats du premier trimestre témoignent d’une meilleure conversion de ces dépenses en croissance du chiffre d’affaires. Les investisseurs sont ainsi rassurés quant à la rentabilité des investissements massifs dans l’infrastructure : le marché valorise les entreprises capables de démontrer un retour tangible sur les investissements dans l’IA et le cloud. Cela place toutefois la barre plus haut pour les prochains trimestres : la poursuite des dépenses d’investissement devra s’accompagner d’une accélération continue des revenus et des profits.
Enfin, des signaux d’amélioration sont également apparus dans les secteurs cycliques. L’indice ISM manufacturier reste en zone d’expansion (>50), tout comme la composante nouvelles commandes, ce qui est encourageant malgré la hausse des prix de l’énergie. Du côté de la consommation, les dépenses demeurent solides, certaines entreprises faisant même état d’une accélération de leur activité. Ces éléments confortent notre scénario central d’une croissance bénéficiaire solide pour l’ensemble de l’année. Même si le S&P 500 évolue actuellement à des niveaux records (+10 % en avril), il convient de rappeler que le fait d’atteindre un plus haut historique ou d’afficher une valorisation élevée à court terme (environ 21 fois les bénéfices) n’a pas d’incidence déterminante sur la performance future du marché. Sur les douze prochains mois, l’élément clé restera la dynamique des bénéfices, qui demeure selon nous bien orientée. Nous restons donc confiants dans la poursuite de la progression des actions américaines, tout en restant particulièrement attentifs à l’évolution des flux énergétiques en provenance du Moyen-Orient.
Protection contre l’inflation. Malgré la résilience des marchés actions, les données confirment que la hausse des prix de l’énergie exerce déjà une pression tangible sur l’inflation mondiale. Dans les prochains mois, une augmentation généralisée de l’indice des prix est attendue. Si nous n’anticipons pas un scénario d’inflation incontrôlée, il peut néanmoins être bénéfique d’intégrer des stratégies de protection afin de préserver la performance des portefeuilles. Quels sont les actifs les plus adaptés pour remplir ce rôle ?
Les obligations indexées sur l’inflation (telles que les TIPS américains) représentent un instrument efficace pour préserver la performance des portefeuilles en période de hausse des prix. Elles s’avèrent particulièrement pertinentes lorsque les taux réels diminuent et que les anticipations d’inflation progressent, comme lors de chocs pétroliers ou de phases de stagflation.
Les actions à dividendes de haute qualité offrent un flux de revenus régulier et contribuent à la résilience du portefeuille face à l’inflation.
Une exposition diversifiée aux matières premières — incluant l’or, l’énergie et les métaux industriels — constitue une protection naturelle contre l’inflation et permet de renforcer la diversification. Les matières premières présentent en effet une faible corrélation avec les marchés actions et obligataires, ce qui accroît la robustesse globale du portefeuille.
Pour les investisseurs à long terme disposés à accepter une certaine illiquidité, les infrastructures privées offrent des revenus diversifiés, souvent indexés sur l’inflation.
Enfin, les stratégies alternatives, telles que les hedge funds ou certains actifs réels, peuvent contribuer à limiter le risque de baisse et à générer des rendements faiblement corrélés aux marchés traditionnels. Il convient néanmoins de rester vigilant quant au risque d’illiquidité associé à ces stratégies.
