En 2025, le logement neuf a traversé une zone de fortes turbulences. Les ventes ont continué de reculer, malgré quelques signaux administratifs plus favorables. Entre désaffection des investisseurs, attentisme des ménages et contraintes économiques persistantes, le logement neuf a entregistré une année de transition tendue, scrutée de près par les professionnels du secteur immobilier.
Logements neufs : moins de 100.000 unités vendues en 2025, un plus bas historique

Logements neufs : les ventes ont chuté de 10,8% sur un an
Le logement neuf a poursuivi sa trajectoire baissière en 2025, prolongeant une dynamique enclenchée dès 2022. Selon les données consolidées par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), les ventes de logements neufs ont reculé de 10,8% sur un an. Au total, 92.352 logements neufs ont été commercialisés sur l’ensemble de l’année, un volume désormais inférieur au seuil symbolique des 100.000 unités annuelles, rapporte la fédération professionnelle du secteur. Cette contraction marque l’un des niveaux les plus bas observés depuis la création des statistiques modernes.
Dans le détail, la structure de la demande de logements neufs s’est profondément déséquilibrée. Les ventes aux propriétaires occupants, historiquement moteurs du marché, se sont établies autour de 40.000 unités sur l’année 2025. En revanche, le segment des investisseurs particuliers s’est effondré : moins de 10.000 logements neufs ont trouvé preneur auprès de ce public, un chiffre qui illustre la disparition quasi complète de l’investissement locatif privé, après l’extinction progressive des dispositifs fiscaux incitatifs et la dégradation de la rentabilité nette.
Logements neufs : un volume mis en vente historiquement bas
Au-delà des ventes, le logement neuf a souffert d’un tarissement durable de l’offre commercialisée. En 2025, les mises en vente sont restées à des niveaux historiquement bas. Au troisième trimestre, moins de 10.000 logements neufs ont été mis sur le marché, un volume qualifié de « jamais vu » par la profession. Cette faiblesse de l’offre résulte d’un enchaînement de facteurs économiques, réglementaires et financiers qui continuent de peser sur les décisions d’engagement des promoteurs.
Sur l’ensemble de l’année 2025, les mises en vente ont toutefois enregistré une progression arithmétique de 9,4%. Cette hausse reste cependant trompeuse. Elle intervient après plusieurs années de chute sévère et ne permet pas de reconstituer un stock suffisant de logements neufs disponibles. La FPI fait remarquer que cette légère amélioration ne compense ni les abandons de projets antérieurs ni les reports de chantiers, souvent liés à l’envolée des coûts de construction et aux difficultés de précommercialisation.
Le bond des délivrances de permis de construire, un signal positif encore fragile
Dans ce contexte dégradé, l’évolution des autorisations administratives constitue l’un des rares indicateurs positifs pour le logement. En 2025, les délivrances de permis de construire ont progressé de 19,8% sur l’année. Cela, après plusieurs exercices marqués par une forte contraction des permis accordés.
Toutefois, ce rebond administratif du logement reste largement théorique à court terme. Les autorisations délivrées ne se traduisent pas mécaniquement en chantiers effectifs ni en ventes immédiates. De nombreux projets autorisés en 2025 demeurent conditionnés à l’évolution des taux d’intérêt, à la solvabilité des ménages et à la capacité des promoteurs à sécuriser leurs financements. Selon la FPI, ce décalage entre autorisations et réalisations concrètes illustre la fragilité persistante du marché du logement neuf, malgré des signaux institutionnels plus encourageants.
