Depuis 1989, Lyon n’a plus vu la Ligue 2. En une phrase sèche, la DNCG vient de tout remettre en question. Et John Textor joue désormais bien plus que sa crédibilité.
Football : Lyon relégué en Ligue 2 par la DNCG, un tremblement de terre

Lyon plombé par une dette abyssale malgré les ventes
La Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG), organe indépendant rattaché à la Fédération française de football (FFF), a annoncé le 24 juin 2025 la relégation administrative de l’Olympique lyonnais (OL) en Ligue 2, en vertu de l’article 11 de son règlement. Une décision aussi spectaculaire pour un club septuple historique du football français, champion de France, jamais relégué en deuxième division depuis 1989. L’OL, auditionné le jour même, n’a pas réussi à convaincre l’instance de la solidité de son plan financier, malgré une série de ventes et d’annonces rassurantes sur l’apport de nouvelles liquidités.
« Nous ferons appel pour démontrer notre capacité à apporter les ressources nécessaires », a réagi le club dans un communiqué. L’appel est en cours et pourrait tout inverser. Mais le temps presse. Et à l'heure où on se parle, l'OL est virtuellement en Ligue 2 pour la saison 2025-2026.
Tout avait commencé dès le 15 novembre 2024 : la DNCG avait alors imposé à Lyon une rétrogradation conservatoire, assortie d’un encadrement de la masse salariale et d’une interdiction de recrutement. La cause ? Un déficit estimé à 175 millions d’euros. Depuis, le club a tenté de faire front : fin des contrats d’Alexandre Lacazette, Nicolás Tagliafico et Anthony Lopes, ventes de Maxence Caqueret à Côme pour 17 millions d’euros, de Rayan Cherki à Manchester City pour 42,5 millions, et activation d’options d’achat pour Benrahma, Sarr et Lepenant, rapportant 19,5 millions d’euros supplémentaires.
Mais pour la DNCG, cela reste insuffisant. Le président John Textor a pourtant assuré que la situation financière « s’était améliorée de façon spectaculaire », notamment grâce à « la diminution des dépenses et la fin des anciens contrats ». Les chiffres réels, eux, peinent à rassurer l’instance.
Les supporters demandent le départ de Textor
John Textor, devenu actionnaire majoritaire en décembre 2022 après avoir racheté l’OL pour 800 millions d’euros, est aujourd’hui dans la tourmente. Le dirigeant de 59 ans a emprunté 382 millions d’euros auprès du fonds Ares, à un taux de 13 %, pour financer cette opération. Le prêt court jusqu’en 2028. Pour équilibrer son modèle, Textor a signé un accord de cession de ses parts dans Crystal Palace (environ 200 millions d’euros), mais la transaction reste suspendue aux validations de la Premier League et aux aléas de marché.
En parallèle, Eagle Football, la holding de Textor, a injecté 83 millions d’euros dans l’OL fin janvier 2025, et négocié un report de créances avec ses créanciers. Il mise aussi sur son introduction en Bourse à New York pour lever de nouveaux fonds. « On a investi pas seulement pour la DNCG mais aussi pour la licence UEFA », affirmait Textor. Les résultats, eux, tardent à se matérialiser.
L’OL a sept jours à compter de la notification officielle pour faire appel de la décision. Cette procédure, qui se déroule devant la commission d’appel de la DNCG (organe rattaché à la FFF), peut permettre au club de présenter de nouveaux justificatifs financiers. En cas de rejet, le club pourra saisir le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), puis éventuellement le tribunal administratif.
Un chemin semé d’embûches, comparable à celui emprunté par les Girondins de Bordeaux en 2022, ou par Bastia et Évian-Thonon-Gaillard dans les années 2010.
Et maintenant ?
En cas de relégation confirmée, le Stade de Reims, battu en barrage par le FC Metz, pourrait être repêché selon l’article 520 du règlement de la LFP. Pour Lyon, cela signifierait un retour brutal en Ligue 2, 36 ans après sa dernière présence à cet échelon. Les conséquences seraient sportives, économiques et institutionnelles.
Les supporters, eux, ne s’y trompent pas. Le groupe des Bad Gones a demandé publiquement le départ de Textor après l'annonce de la rétrogradation administrative de l'OL en Ligue 2. La suite ? Elle dépend d’un calendrier serré, d’arbitrages financiers, et d’une confiance à regagner.