La décision de fermer définitivement l’atelier de production d’Argonay (Haute-Savoie), dernier site de fabrication française de Maped, marque un tournant industriel et social pour l’entreprise fondée en 1947. Face à des coûts de production désormais jugés non compétitifs et à une chute des volumes fabriqués, le groupe familial a choisi de transférer sa production vers des fournisseurs asiatiques, mettant directement en péril 28 emplois. Une page se tourne, et avec elle une part de savoir-faire industriel national.
Délocalisation : Maped ferme son dernier site industriel français

Érigée en figure emblématique des fournitures scolaires fabriquées en France, Maped va fermer son dernier atelier de production nationale, situé à Argonay en Haute-Savoie, d’ici mai 2026. Cette fermeture sonne la fin de la production « Made in France » pour le fabricant historique de gommes, compas et autres accessoires scolaires.
Maped : un fleuron industriel français qui délocalise
Fondée en 1947 à Annecy, la société Maped (pour Manufacture d’Articles de Précision et de Dessin) s’était imposée comme un acteur mondial des fournitures scolaires et de bureau, présent dans plus de 120 pays. Pourtant, dans un contexte économique tendu, l’entreprise a annoncé la fermeture de son dernier atelier de production en France, situé à Argonay, près d’Annecy, qui emploie 28 salariés.
Selon le communiqué publié par la direction, cette décision, prise « après plusieurs années d’efforts et d’adaptations pour maintenir l’activité du site », s’impose comme une mesure indispensable pour garantir la pérennité du groupe face à une concurrence internationale accrue et des coûts de production jugés trop élevés.
28 emplois menacés, un accompagnement prévu
L’atelier haut-savoyard emploie actuellement 28 personnes en CDI. Face à la fermeture programmée, Maped a entamé des négociations avec les partenaires sociaux pour définir un plan d’accompagnement, qui devrait être finalisé à la mi-janvier, sous réserve d’accords et de validation administrative.
Selon les informations de L'Usine Nouvelle, six salariés se verraient proposer une mobilité interne, deux autres un reclassement interne, tandis que les vingt restants devraient bénéficier d’un plan d’accompagnement renforcé, prenant en compte mesures légales et supra-légales, reconversion et formations.
Selon la direction, l’objectif est « d’accompagner chaque collaborateur concerné avec sérieux et respect ».
Un site emblématique sacrifié à la compétitivité
Le site d’Argonay, où Maped fabrique notamment des gommes et des compas depuis près de huit décennies, ne sera plus opérationnel après mai 2026.
L’entreprise explique que les coûts de production y dépassent largement les prix pratiqués à l’international et que la rentabilité du site ne permet plus de maintenir l’activité dans des conditions économiquement viables.
Les volumes de gommes produits ont chuté de 40% en huit ans, atteignant un plus bas historique en 2025 — un élément cité par la direction pour justifier ce choix stratégique.
Une stratégie de production tournée vers l’Asie
À l’issue de la fermeture, Maped prévoit de transférer progressivement sa production vers son réseau de fournisseurs asiatiques existants.
Si les lignes de fabrication disparaissent d’Argonay, les équipes dédiées à la Recherche et Développement, au design et au marketing resteront basées à Annecy, où se situent toujours le siège et les activités centrales de l’entreprise.
Cette orientation stratégique illustre la pression qui s’exerce sur les industries manufacturières locales pour réduire leurs coûts et se positionner face à une concurrence mondiale plus agressive.
Un symbole de la désindustrialisation locale
La fermeture d’Argonay marque la disparition d’un savoir-faire industriel centenaire, au cœur d’une filière qui a pourtant accompagné des générations d’écoliers en France. Depuis ses premières années, Maped avait construit son identité autour des objets du quotidien scolaire — compas, gommes, ciseaux — produits localement avant de se mondialiser.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de désindustrialisation et de difficulté à maintenir des activités manufacturières sur le territoire face aux pressions concurrentielles globales.
