Epilogue dans le rachat d’Alstom

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Par Pierre Delville Publié le 22 juin 2014 à 9h05

Cela fait plusieurs mois que le rachat d'Alstom fait beaucoup couler d'encre. L'annonce faite par Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie, vendredi 20 juin semble annoncer la fin des spéculations. L'Etat français va entrer dans le capital du groupe à hauteur de 20% et ainsi devenir le principal actionnaire d'Alstom.

General Electric soutenu par le gouvernement

L'Etat français est, depuis le mois d'avril, très impliqué dans le rachat d'Alstom et a d'ailleurs réussi à faire de nouveau monter les enchères cette semaine. Deux offres se distinguent, celle de l'américain General Electric et celle de l'alliance germano-nipponne Siemens-Mitsubishi.

C'est l'offre de General Electric qui a le soutien du gouvernement français. Le groupe américain propose de créer trois entreprises distinctes (turbines à vapeur, réseaux et énergies renouvelables) avec Alstom tout en lui cédant son activité ferroviaire. De plus, General Electric s'engage à établir le siège de quatre activités en France.

En détenant 20% d'Alstom, l'Etat français pourra désormais disposer d'un droit de véto qu'il se dit prêt à utiliser si l'offre de General Electric n'est pas retenue. Même s'il n'est pas le décideur final, le gouvernement français se félicite de son interventionnisme : « Alstom, aujourd'hui, serait sans condition dans les mains de General Electric depuis des mois si nous n'étions pas intervenus » a estimé le Premier ministre, Manuel Valls.

Bouygues bloque les négociations

Mais une chose bloque toujours, pour détenir 20% dans le capital d'Alstom, l'Etat français doit racheter deux tiers des parts du groupe français Bouygues et cela bloque toujours. Arnaud Montebourg a d'ailleurs déclaré que « s'il n'y a pas d'entrée de l'Etat dans le capital d'Alstom parce que M. Bouygues ne veut pas vendre ses actions, l'opération avec General Electric ne se fera pas ».

De son côté Bouygues veut vendre la totalité de se participation, se chiffrant à 29,4% du capital. Le problème c'est que l'Etat français a déclaré qu'il ne paierait pas plus de 28 euros par action, soit le cours atteint à la clôture de la Bourse le 20 juin dernier alors que Bouygues en demande 35 euros. Des sources proches des négociations se disent tout de même assez optimistes quant à la signature d'un accord entre Bouygues et l'Etat français.

Finalement, réuni samedi 21 juin, le conseil d'administration d'Alstom a décidé de trancher et a officiellement annoncé qu'il entrait en négociation exclusive avec General Electric. L'Etat français, pour sa part, devrait rejoindre le conseil d'administration pendant les négociations et pourra ainsi veiller à ce que General Electric respecte ces engagements. Si tout se passe comme prévu, la France pourra alors se féliciter d'avoir réussi à faire ce qu'elle n'avait pas fait avec Arcelor-Mittal : sauver un de ses grands groupes !

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Titulaire d'un BTS Commerce international, il travaille en tant que chargé de mission à l'international et s'est spécialisé sur un travail de prospection et de veille, afin de détecter les nouvelles opportunités en France et sur les marchés étrangers.

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