Les pigeons s’inquiètent de la baisse des investissements des business angels

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Par Laure De Charette Modifié le 10 janvier 2013 à 8h03

Les pigeons reviennent sur le devant de la scène économique. Avec un nouveau motif d’inquiétude : les montants des investissements des « business angels » (littéralement, les anges des affaires, en réalité, des personnes prêtes à investir une partie de leur argent dans une entreprise qu’ils jugent prometteuse) dans les jeunes pousses du web tricolores ont reculé de plus de 30% au quatrième trimestre 2012 par rapport à la même période en 2011, comme le rapporte un article paru dans Challenges hier. Et ce alors même que pendant les trois premiers trimestres de l'année, ils ne cessaient d’augmenter ! Le nombre de levées de fonds, lui, chute même de 39% par rapport à l’an dernier. Evidemment, ce sont les petites entreprises qui sont le plus impacté par cette baisse brutale. Et « le pire est à venir », prévient Jean-David Chamboredon, porte-parole des pigeons.

Reste que cette étude n’est que partielle, car elle ne prend en compte que les tours de table supérieurs à un million d’euros, soit seulement 25% à 35% des montants totaux investis. Pour établir une telle baisse, le mouvement des entrepreneurs en colère a mis au point un nouvel outil de mesure : le Fibamy, pour « French Internet Business Angel Money Yardstick ». Cet indice permet également de constater qu’« à PIB égal, l’activité business angel en France est trente fois moins développée qu’aux Etats-Unis », d’après le communiqué publié par le mouvement. D’après France Angels, en 2010, les business angels affiliés à ses réseaux ont investi environ 40 millions d’euros dans 320 entreprises.

Pourquoi un tel effondrement des investissements ? La faute notamment à la loi de finances 2013, qui limite les incitations fiscales susceptibles d’encourager les Français aisés à prendre des risques en investissant dans les entreprises auxquelles ils croient ! La loi rend les déductions pratiquées sur l'impôt sur le revenu particulièrement basses, de l’ordre de 18%. Certes il existe un dispositif baptisé ISF-PME qui permet aux ménages assujettis à l'ISF de déduire de leurs impôts une partie des sommes investies dans les PME, mais in fine, dans 60% des cas, les parrains ne peuvent y prétendre. Et puis on se souvient de la polémique de cet automne sur la sur-taxation des plus-values de cessions d'entreprises, qui devait être portée de 19% à 60% maximum avant d'être finalement retirée (dans certaines conditions) pour les entrepeneurs, mais qui a visiblement eu un impact sur la prise de décision des investisseurs, frileux face aux changements fiscaux nombreux et brutaux.« Le gouvernement prône l'aide au financement des PME, mais les mesures prises ne sont pas cohérentes avec cette volonté » estimait en novembre dans Les Echos Philippe Gluntz, président de la fédération France Angels. La preuve en chiffres !

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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