L’action Apple en recul après les défauts de l’iPhone 6 et le bug d’iOS8

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Par Laurent Bakhtiari Modifié le 29 septembre 2014 à 11h17

Le 9 septembre dernier, le monde avait les yeux rivés sur la petite ville de Cupertino, en Californie. C'est là qu'Apple a lancé, en grande pompe et au sein de la même conférence, l'iPhone 6, l'iOS 8 et l'Apple Watch. Et le succès fut instantané. Le cours de Bourse de l'action Apple est repassé au-dessus des 100 dollars, les médias ont entre autres salué le coté novateur des produits et le public s'est rué vers les Apple Stores pour acheter le nouveau téléphone (la société à la pomme a d'ailleurs annoncé avoir battu son record en ayant vendu plus de 10 millions d'iPhone 6, lors des trois premiers jours de sa commercialisation).

Du côté des nouveautés, l'iPhone 6 se distingue par un écran légèrement plus grand (4.7 pouces), par la création d'un iPhone 6 Plus de 5.5 pouces (venu directement concurrencer le Galaxy Note de Samsung), par un poids plus léger (129 grammes) et par un design plus arrondi. Il s'agit là clairement pour Apple d'aller chasser sur les terres du grand rival Samsung. Quant à l'iOS 8, il est riche en nouveautés : des détails qui simplifient l'expérience de navigation de l'utilisateur, une fonction messages développé, un clavier plus intelligent et l'introduction d'une application pour les sportifs (là encore, on se trouve sur les terres de Samsung).

Lors de la conférence, la seule ombre au tableau se situait dans le système de paiement sans contact, chose rendue possible grâce à la puce NFC installée dans l'iPhone 6 et par l'iOS 8. En effet, l'accueil des médias et du public était, à juste titre, mitigé, principalement pour des raisons de sécurité. Pourtant, il s'agissait, à ce jour, probablement du plus grand pari tenté par Tim Cook, CEO d'Apple. En s'alliant avec Visa, Mastercard et American Express, la firme de Cupertino s'attendait sans doute à rencontrer quelques réticences mais probablement pas autant et les événements des jours suivants n'allaient pas l'aider à gagner la confiance du grand public...

Des lendemains qui déchantent

En effet, très vite, les utilisateurs vont s'apercevoir que l'iOS 8.0.1 est défectueux : impossible de se connecter au réseau cellulaire, les fonctions tactiles ne marchaient pas, le touch ID ne fonctionnait pas et empêchait les utilisateurs de débloquer leur appareil... D'autre part, on apprenait, mercredi 24 septembre, que l'iPhone se tordait très facilement si l'utilisateur le laissait dans sa poche ou même s'il appuyait de manière trop forte sur son téléphone.

Suite à ces problèmes, Apple a conseillé à ses utilisateurs de revenir à l'iOS 8.0 en attendant que la version 8.0.2 de son système d'opération ne sorte avec les patchs nécessaires à sa bonne utilisation. D'autre part, la compagnie a également annoncé que les iPhones 6 tordus ou endommagés pourront être rapportés et échangés dès le vendredi 26 septembre, dans les Apple stores. Le manque à gagner et la confiance ternie s'est traduit, en Bourse, par une chute vertigineuse. L'action a clôturé en baisse de -3.81% à la clôture américaine. Sur les réseaux sociaux, vitrine de l'état d'esprit des utilisateurs, la marque fait, depuis quelques jours, l'objet incessant de caricatures.

C'est clairement un terrible coup pour la firme, même si, par le passé, Apple avait déjà connu plusieurs scandales et s'en est toujours relevé. On se souvient notamment de l'antenne de l'iPhone 4 empêchant de passer des appels téléphoniques, de l'impossibilité d'utiliser l'application Maps ou plus récemment des photos de stars piratées via l'iCloud. Mais jamais Apple n'a jamais connu autant de déboires en si peu de temps. Cela a assombri considérablement l'image de la marque.

La situation est compliquée mais pas désespérée pour le géant à la pomme. Si la firme veut regagner la confiance de ses clients et de ses investisseurs, elle va devoir cravacher dur. Car si le paiement sans contact s'avère être une source de profits au potentiel extraordinaire, il devra d'abord passer par une confiance sans faille envers Apple. Ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui...

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Laurent Bakhtiari est diplômé d'un Master en Finance d'Audencia Nantes et d'un Master en mathématiques quantitatives d'Imperial College London. Fort d'une expérience de plus de 8 ans en salle des marchés au sein de diverses institutions financières telles que Merrill Lynch et Credit Suisse, il rejoint IG, en avril 2014, en tant que Market Analyst et Premium Client Manager.Laurent livre régulièrement, à destination des médias et des clients, des analyses de marchés ainsi que des analyses macro et microéconomiques.Suivez Laurent sur Twitter : @LBakhtiari_IG

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