L’économie africaine, nouvelle championne du monde ?

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Par Julien Bondarev Modifié le 26 novembre 2014 à 5h57

Malgré la crise qui sévit depuis 2009 et qui persiste encore aujourd’hui, les économies africaines font preuve d’une bonne résistance. C’est même mieux que ça, la croissance dans cette partie du monde est désormais supérieure à celle du reste de la planète et c’est un fait assez rare pour être salué alors que l’on parle enfin en bien des économies africaines.

Une croissance supérieure de 1 point à la moyenne mondiale

En 2013, l’Afrique a connu une croissance de 4 % en moyenne, supérieure de 1 point à celle du reste du monde. De plus, d’après un rapport sur les Perspectives économiques en Afrique, son produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 4,8 % en 2017 et de 5,7 % en 2015 pour finalement retrouver ses niveaux d’avant la crise de 2009.

Ce document sur les Perspectives économiques en Afrique a été lancé en 2002 par la Banque africaine de développement (BafD), le centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Pour la première fois, il prend en compte les 54 pays qui constituent le continent africain.

Même si ce rapport apporte de bonnes nouvelles, il n’écarte pas la possibilité d’une baisse de ce dynamisme économique notamment si la perte de vitesse de l’économie mondiale continue. De plus, les rédacteurs de ce document ont également insisté sur les divergences importantes qui peuvent exister d’une région à l’autre.

La demande, principal moteur de la croissance

Si l’on s’intéresse aux chiffres des différentes régions du continent, nous pouvons remarquer que l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest font la course en tête avec une croissance d’au moins 6 %. Ce sont ensuite les pays à faible revenu qui s’en sortent le mieux devant les régions en développement d’Afrique du Nord et d’Afrique australe avec des taux de croissance de respectivement 6 % et 3 %.

Concernant les pays, c’est la Sierre Leone avec ses exportations de fer et de minerai qui booste la croissance de l’Afrique de l’Ouest à plus de 7 %. Le document montre aussi qu’au Nigeria, même si le secteur pétrolier représente 37 % du PIB et 20 % des recettes de l’État, ce sont bel et bien l’agriculture et les services qui tirent l’économie vers le haut.

Un autre élément positif est la croissance, qui ne fait pas qu’augmenter. Elle se diversifie également et pourrait permettre le passage à un véritable développement économique et social. Rappelons que durant ces dernières années, le principal moteur de la croissance africaine a été la demande. Les salaires et les transferts monétaires en provenance des migrants n’ont fait qu’augmenter alors que l’inflation a reculé. Résultat, la consommation se porte plutôt bien en Afrique malgré tout ce que l’on peut entendre.

« Avec la reprise de la croissance depuis dix ans et la remarquable résilience dont elle a fait preuve face aux chocs internationaux, l’Afrique séduit de plus en plus les investisseurs étrangers » souligne le rapport sur les Perspectives économiques en Afrique. À titre d’exemple, en 2014 les investissements étrangers devraient atteindre 80 milliards de dollars, un niveau record.

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Consultant en géopolitique et sécurité internationale, Julien Bondarev a choisi de développer son expertise sur la  zone EMEA, dans laquelle il a beaucoup voyagé et qui le fascine par la richesse et la complexité des relations multi-continentales qui la régissent.   

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