Fiscalité : des promesses, rien que des promesses, jamais tenues

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Par Daniel Moinier Modifié le 9 février 2014 à 23h50

Plus de prélèvements nouveaux en 2014, annoncé par François Hollande en 2013. Il a certainement confondu PLUS (+) avec Plus (0). Ce sont les subtilités de la langue française, on sait qu’il a de l’humour (Noire).

1)Deux députés socialistes proposent de mettre fin à la déductibilité de la CSG. Conséquence : l'impôt sur le revenu des classes moyennes pourrait augmenter de plusieurs milliards.

2)Alors qu'une fusion entre impôt sur le revenu et CSG se révèle techniquement compliquée et politiquement délicate, le gouvernement vient de la remettre sur le « mé» par une voie détournée. La préconisation d’une CSG progressive.

Se rendant compte que sa politique fiscale l’avait amenée à un record d’impopularité, 23 % seulement d’opinion favorable, que sa promesse sur la baisse du chômage n’était pas tenue, pas plus que sur le déficit de l’état, François Hollande a voulu frapper l’opinion publique un grand coup.

Grand virage à droit en apportant un important « cadeau aux entreprises » avec la suppression des charges d’allocations familiales.

Par contre, est c’est là que la bas blesse, il va lui falloir trouver 30 et même 50 milliards en compensation, : diminuer les dépenses de l’état, c’est la seule option qu’il a retenue.

Contrat très difficile à passer avec ses ministres et opposants de son propre camp. Est-ce lui qui suggère aujourd’hui, en catimini, voyant que cela va être très compliqué à trouver un tel montant, au lieu de tout miser sur les dépenses, de chercher d’autres pistes de rentrées fiscales, ou se fait-il déborder par ses ministres ?

Toujours est-il que les propositions pleuvent, les experts ont une faculté exceptionnelle pour trouver de nouvelles pistes pour faire payer nos concitoyens.

Il en est de même avec la réforme fiscale, il faudrait être crédule pour croire que cette proposition a été lancée dans le seul but de réorganisation et diminuer les impôts et taxes. Comment penser qu’avec un déficit difficilement maîtrisable, ce gouvernement puisse opter pour une réduction drastique de la fiscalité. Si c’est moins pour les entreprises, ce sera plus pour les citoyens et surtout ceux qui s’en « mettent plein les poches », c’est la piste prioritaire qui passe le mieux dans l’opinion publique. Mais à trop pousser « le bouchon », comme disait Comte Sponville dans sa conférence « lorsqu’il n’y aura plus de riches, il ne restera plus que des pauvres ». Qu’est-ce qui paiera la note, sachant qu’il n’y a déjà que 50 % qui la paie ?

La seule véritable piste serait d’élever le niveau de richesse par le bas.

Peut-être que pousser par les évènements, la dernière manif en faisait partie, François Hollande se sentira contraint forcé de faire ce que Nicolas Sarkozy n’a pas osé faire. Personnellement, c’est ce que j’avais prédit lors de son élection. Le premier virage avec la suppression des charges des allocations familiales en est peut-être le premier prémice. Mais ne nous réjouissons pas trop vite, le délai annoncé, n’est qu’un engagement de façade puisque 2017, c’est la date de la prochaines élection présidentielle. Qu’est-ce qui sera élu ? Et que sera devenu cet engagement à cette date ?

D’autre part, d’ici là, de l’eau aura coulé sous le pont. Et il sera très difficile pour la France de tenir financièrement pendant encore trois années sans un véritable changement de cap. Avec plus 170 milliardss d’emprunts annuels (le véritable niveau du déficit annuel) qui n’arrêtent pas de se cumuler, une consommation poussive, nous allons atteindre des sommets de plus en plus insurmontables.

www.livres-daniel-moinier.com

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.

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