Inondations : la facture des dégâts pourrait atteindre le milliard d’euros

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Par Matthieu Le Goaster Modifié le 21 juin 2013 à 9h55

Les fortes pluies de ces derniers jours ont causé de très nombreuses inondations dans le Sud-Ouest de la France et déjà coûté la vie à trois personnes. Les départements de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées, des Pyrénées-Atlantiques et des Landes ont été les plus touchés. Les dégâts matériels sont considérables et même si le bilan financier est encore difficile à établir, les premières estimations tombent.

Une zone touristique très durement touchée

Le sanctuaire de Lourdes et sa région représentent une zone touristique majeure avec près de 6 millions de visiteurs par an en moyenne. Depuis plusieurs jours le sanctuaire souterrain et une partie de la ville sont sous les eaux. D'après l'économe du diocèse de Lourdes, le montant des travaux pour rendre accessible et remettre en état le sanctuaire de Lourdes serait au moins de 5 millions d'euros. Il ajoute que le manque à gagner en terme de visiteurs avoisinerait la somme de 1 million d'euros. Il faut ajouter à cela les dégâts dans les commerces et les rues de Lourdes, encore difficile à chiffrer.

Une catastrophe pour l'agriculture locale

Les quatre départements les plus touchés sont des départements très agricoles. Le président de la FNSEA, Fédération Nationale des Syndicats et Exploitants Agricoles, Xavier Beulin, a annoncé que plus de 300 000 hectares d'exploitations ont été détruits.Cela correspond à environ 12 % de la surface agricole locale. Au tarif de 1 500 euros par hectare, ces dégâts représenteraient environ 500 millions d'euros de pertes pour les agriculteurs de la région.

Les vignobles de la région sont aussi très durement affectés. Dans la région de Cahors, près de 80 % des raisins ont été détruits par la pluie et la grêle. Certains vignerons estiment que même la récolte de 2014 est compromise car les rameaux n'auront pas le temps de repousser.

Les assurances ne se prononcent pas

Concernant les indemnisations, la FFSA, Fédération Française des Sociétés d'Assurance a déclaré : "A ce stade, il est encore trop tôt pour faire un bilan chiffré des sinistres occasionnés par ces épisodes extrêmes." De son côté, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a annoncé que l'état de catastrophe naturelle sera établi avant la fin de la semaine ce qui devrait accélérer les procédures de remboursement avec les assurances.

Le premier assureur agricole, Groupama, annonce avoir déjà reçu plus de 16 500 déclarations de sinistres, ce qui correspond à environ 200 000 hectares de terres à indemniser. Son président Jean-Yves Dagès précise que les charges du groupe concernant l'assurance MRC, multirisques climatiques, atteignait déjà 60 millions d'euros au mois de Mai. Les nouvelles intempéries devraient faire exploser la facture du groupe. Notons que depuis 2005, les intempéries se succèdent et Groupama a déjà déboursé près de 12 milliards d'euros à ses assurés.

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Né en 1993, Matthieu Le Goaster a validé un DUT Techniques de Commercialisation. Passioné par l'information et suivant un cursus commercial, Matthieu écrit des articles pour économiematin.fr.