Oeufs contaminés : l’Etat n’aurait pas commencé ses propres contrôles

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Par Laure De Charette Modifié le 21 août 2017 à 11h28
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20Une vingtaine de produits sont retirés de la vente, car potentiellement contaminés.

La liste des produits potentiellement contaminés au fipronil et retirés de la vente est actualisée, au fil des contrôles réalisés. Las, ces contrôles ne sont pas, pour l’heure, réalisés par l’Etat !

Black listés

Sur le site du ministère de l’Agriculture, l’affaire semble entendue : la liste des produits retirés du marché, car ils contiennent du fipronil à une concentration supérieure à la limite réglementaire (LMR = 0,005 mg/kg de produit), est actualisée en temps réel. "Bien que ne présentant pas de risque pour la santé, ils sont listés dans un souci d'information du consommateur" précise le ministère.

Depuis que le scandale des œufs contaminés a éclaté en Belgique et aux Pays-Bas, et qu’il a gagné, sans surprise, la France, les autorités ont dressé une liste des produits potentiellement contaminés.

« Cette liste est évolutive, précise bien le ministère. Elle sera complétée au fur et à mesure des confirmations de la présence de fipronil dans des produits au-dessus de la limite autorisée ». Mais qui détecte l'éventuelle présence, ou l’absence, de cet insecticide anti-poux, utilisé pour désinfecter les élevages de poules ?

L'auto-contrôle, problématique

« Ces confirmations peuvent provenir de plusieurs sources, nous apprend le ministère. L’information peut être apportée par le fournisseur d'un produit ; il peut s'agir d'un établissement étranger ou français, qui confirme à ses clients (transformateurs ou distributeurs) que les produits qu'il leur a livrés sont contaminés. Les autorités françaises sont informées de cette confirmation ».

Autre possibilité : « l’information est obtenue dans le cadre des contrôles officiels réalisés par les autorités nationales françaises ou d'un autre Etat membre. Dans ce dernier cas, dès lors qu'un produit est destiné au marché français, les autorités françaises sont informées ».

Le problème, selon les informations exclusives obtenues par RMC et BFM, c’est que les fameux contrôles officiels réalisés par les autorités nationales françaises n’ont pas encore commencé, deux semaines après le début du scandale !

Seuls les industriels sont donc responsables des contrôles actuels. Une sorte d’auto-contrôle donc… Gageons que l’Etat amorce vite ses propres contrôles, indépendants et éloignés de tout souci commercial, dans le seul but de protéger la santé des consommateurs.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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