Pétrole : l’OPEP réduit sa production, le prix du baril grimpe

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 29 novembre 2022 à 9h24
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55 DOLLARSLes experts estiment que le rpix du baril se stabilisera entre 50 et 55 dollars.

Bonne nouvelle pour les compagnies pétrolières, mauvaise nouvelle pour les industriels et les automobilistes : l’OPEP a bien mis en œuvre la réduction de sa production de pétrole comme elle l’avait souhaité fin 2016. Personne n’y croyait vraiment, en tout cas pas à court terme… la surprise a donc été grande lorsque l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a publié ses données pour le mois de janvier 2017.

L’Arabie Saoudite réduit drastiquement sa production de pétrole

Il faut croire que l’Arabie Saoudite a décidé de jouer le jeu plus que prévu par les analystes : le pays a drastiquement réduit sa production de pétrole entre fin 2016 et janvier 2017 que les objectifs fixés par l’OPEP pour faire remonter le prix du brut en Bourse sont quasiment atteins. L’OPEP s’était pourtant fixée jusqu’à juin 2017 pour y parvenir.

Il ne faudra sans doute pas attendre jusque-là : la baisse de la production a atteint 90% de l’objectif visé par le cartel de l’or noir. Pour rappel : l’OPEP veut réduire de 1,2 million de baril par jour la production de brut.

L’Arabie Saoudite, selon les données publiées par l’AIE vendredi 10 février 2017, a joué un grand rôle dans cette réduction de la production. Le pays était en crise : à cause des prix bas du pétrole en Bourse, qu’elle a elle-même causés afin de tuer sur le naître l’industrie du pétrole de schiste aux Etats-Unis, l’Arabie Saoudite a dû lever la première dette publique de son histoire.

Le baril de pétrole frôle les 54 dollars

L’effet, sur les marchés, a été immédiat : avec une production journalière en baisse de 1,5 million de barils par jour en janvier 2017 par rapport à décembre 2016, les prix du baril se sont envolés en Bourse. Le WTI gagnait 1,6 % à la fermeture vendredi 10 février 2017 atteignant les 53,86 dollars.

Même scénario pour le Brent, le pétrole de la mer du Nord, qui gagnait 1,9 % vendredi 10 février 2017 à 56,70 dollars. Sur la semaine, toutefois, le prix ayant connu une forte chute, l’évolution est minime. Mais la tendance est claire : les marchés reprennent confiance et la spéculation va bon train.

Les Etats-Unis en profitent !

Paradoxalement, la baisse de la production de l’OPEP fait les affaires de ceux que les prix bas de 2015-2016 devaient tuer : les industriels du pétrole américains. Ces derniers ont souffert de la chute du prix du baril et ont réduit leurs investissements dans le gaz et pétrole de schiste dont la technique d’exploitation est plus chère et avait connu un boom lors du pic des prix de pétrole en 2014.

La nouvelle tendance haussière du brut fait, cette fois, leurs affaires : selon l’AIE la production de pétrole aux Etats-Unis, pays non-membre de l’OPEP, est en hausse.

Pas de quoi inquiéter les experts qui estiment que le prix en Bourse devrait se stabiliser aux alentours de 50-55 dollars le baril. L’AIE s’attend à un prix de 70 dollars pour le baril de pétrole durant la prochaine décennie, sauf si quelque accord vient perturber le marché.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio