Pièces de 1 et 2 centimes : va-t-on leur dire bientôt adieu ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 28 mai 2021 à 9h41
Disparition Piece 1 2 Centimes 1
12 MILLIONS €Frapper les pièces de 1 centime induit une perte de plus de 12 millions d'euros par an à l'Union européenne.

On en a tous… et généralement elles traînent dans une boîte, au fond du sac ou dans le portefeuille. Car leur utilité n’est pas vraiment majeure, surtout que les paiements s’effectuent de plus en plus par carte bancaire. On parle, bien évidemment, des pièces de 1 et 2 centimes. L’Union européenne se demande depuis de nombreuses années s’il ne faudrait pas les supprimer… et a demandé l’avis des européens.

Les Européens largement favorables à la suppression de ces pièces

Selon les résultats de la consultation publique menée par la Commission européenne auprès de plus de 17.000 citoyens européens, il n’y a pas de débat : 72% des interrogés jugent ces pièces inutiles pour les paiements.

Une donnée essentielle pour la Commission européenne parce qu’il y aurait des économies à faire : les pièces de 1 centime sont en effet les pièces de monnaie dont le coût de fabrication est supérieur à la valeur faciale. Un paradoxe qui a des conséquences : chaque fois qu’une pièce de 1 centimes est frappée, elle coûte 1,2 centime d’euro à l’Union européenne… soit une perte de plus de 12 millions d’euros par an.

La solution ? L’arrondi obligatoire… qui risque de faire grimper les prix

Comment supprimer des pièces de monnaie qui permettent de faire l’appoint, lors des paiements en liquide ? Simple : obliger les commerçants à arrondir le prix au multiple de 5 centimes d’euro le plus proche. Une idée qui séduit 71% des interrogés par la Commission européenne.

Mais ces derniers ne sont pas dupes : ils demandent une règle non seulement « obligatoire » (71%) mais aussi « harmonisée » (77%) afin que tous les citoyens soient traités de la même manière. Car l’enjeu est loin d’être anodin : les prix pourraient fortement augmenter.

Arrondir, oui, mais à quel prix ?

Arrondir les prix répond au problème de la disparition des petites pièces, mais risque fortement de créer une inflation forcée qui viendrait s’ajouter au risque d’inflation qui suit la crise de la Covid-19. C’est ce qui pourrait freiner le projet.

L’arrondi fonctionnerait ainsi : un produit coûtant 9,96 euros coûterait alors 9,95 euros, tandis qu’un produit qui coûte 9,99 euros coûterait 10 euros. Seules situations que la Commission eurpéenne doit trancher : le cas des produits ayant un prix affichant 3 et 7 centimes (5,33 euros ou 4,67 euros par exemple), car la règle de proximité est inapplicable.

Sauf que lorsqu’on regarde les prix, surtout des produits hors alimentation, il y a bien plus de produits dont le prix affiche 99 centimes, comme 9,99 euros. Afficher 9,99 euros a un impact psychologique : le produit coûte donc « moins de 10 euros » (et similairement moins de 15 euros, moins de 20 euros…).

Appliquer l’arrondi aura donc deux effets : faire passer au prix du produit le cap du seuil psychologique qui pourrait déclencher un refus d’acheter, et induire une augmentation de prix arbitraire qui pourrait coûter cher aux ménages sur le long terme.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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