Sécurité de l’emploi : patronat et syndicats tentent une dernière fois de se mettre d’accord

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Par Jean-Baptiste Le Roux Modifié le 10 janvier 2013 à 10h39

Jeudi et vendredi, les partenaires sociaux vont tenter le tout pour le tout.

La sécurisation de l'emploi, tant souhaitée par François Hollande, n'a plus lieu d'être l'objet d'un compromis "historique" avant 2012. Le gouvernement envisage néanmoins un "accord ambitieux", à venir, entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC). Il faut dire que pour la gauche au pouvoir, ce sujet est capital pour enrayer le chômage, qui touche désormais 3,13 millions de Français.

Mais ce n'est pas facile de concilier les partenaires sociaux. Depuis le coup d'envoi des négociations, le 4 octobre dernier, c'est un véritable match de boxe qui les oppose. Les désaccords sont là, notamment sur les moyens de fluidifier le marché du travail en donnant à la fois plus de souplesse aux entreprises et de protection aux salariés. Chacun attend que l'autre bouge, fasse un pas dans sa direction.

Et là, les clés sont entre les mains du Medef et de la CFDT. En échange de plus de flexibilité pour le patronat, l'organisation syndicale réformiste rappelle 4 exigences non négociables : une complémentaire santé pour tous, des droits rechargeables d'assurance chômage, la limitation des temps partiels imposés et la taxation des contrats courts. Ce dernier point est toujours en suspens.

Tous les syndicats s'accordent à ce sujet sur le caractère impératif de cette mesure alors que l'on sait qu'entre 2000 et 2010, le nombre de CDD de moins d'un mois a augmenté de 88 %, pour ne pas dire explosé. Le Medef continuerait d'y faire la sourde oreille. Les négociations semblent donc piétiner.

En cas d'échec, ce qui est d'ailleurs envisagé par deux tiers des Français, un texte devrait être présenté avant la fin du mois de février en conseil des ministres. Sachant que pour être entériné, un accord ne doit pas rencontrer l'opposition de plus de deux syndicats. Ce n'est pas irréalisable mais ça ne garantie pas la fin de l'histoire...

Mise à jour 11h : Selon un sondage BVA, la suppression du CDI serait rejettée par 72 % des personnes aux revenus élevés, 81 % des personnes aux revenus faibles et 67 % des personnes sans activité.

Mise à jour 11h30 : Laurence Parisot, qui ne participe pas aux négociations (la délégation du Medef étant conduite par Patrick Bernasconi), espère boucler d'ici ce soir mais rien n'est fait. "Il n'y aura pas de négo de nuit, peut-être demain matin" a-t-elle déclaré. De son côté, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, n'est également pas favorable à une négociation de nuit.

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Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame où il anime des matinales et l'émission Parole d'Evêque. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme et membre de l'Association des Journalistes de Défense. 

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