Le projet de budget 2026 prévoit de s’attaquer à une vingtaine de niches fiscales parmi les plus discutées. Sur les 474 dispositifs existants, 23 seront supprimés ou réformés dans l’objectif de dégager environ cinq milliards d’euros. La manœuvre vise les économies, la simplification, mais suscite déjà des débats sur son équité et ses conséquences sociales.
Budget 2026 : ces 23 niches fiscales que le gouvernement veut jeter à la poubelle

Niches fiscales : ce qui passe à la trappe
Pour boucler son budget 2026, le gouvernement a identifié des niches fiscales qu’il juge "inefficaces ou obsolètes". Parmi celles-ci, certaines concernent les exonérations dont le mécanisme est désormais éteint ou quasiment sans effet budgétaire réel. On pense par exemple aux dispositifs liés à l’amortissement exceptionnel pour la robotisation ou la fabrication additive, ou encore à l’exonération d’impôt sur le revenu lors de la reprise ou de la cession d’une exploitation agricole bénéficiant d’un différé de paiement. D’autres niches "mortes" concernent des entreprises impactées par des crises locales, comme celles ayant bénéficié d’aides en lien avec la crise de l’eau à Mayotte.
Autre volet : les niches à faible portée individuelle mais à coût administratif non négligeable. Le projet budgétaire vise des avantages très limités ou peu utilisés — par exemple l’exonération de l’impôt sur le traitement attaché à la légion d’honneur, à la médaille du travail ou à des distinctions comme le prix Nobel. Le gouvernement veut ainsi rationaliser au-delà des grandes niches, pour ramener davantage de cohérence au système fiscal.
Efforts redistributifs : retraites, études, soins
Une mesure centrale est la suppression de l’abattement de 10% dont bénéficient les retraités sur leurs pensions. Le gouvernement le juge peu ciblé et coûteux. Il propose de le remplacer par un abattement forfaitaire : 2.000 euros pour un célibataire, 4.000 euros pour un couple, avec des ajustements pour les personnes invalides. L’idée est de faire contribuer davantage les pensions les plus élevées, tout en préservant les revenus modestes.
Dans le domaine de l’éducation, la réduction d’impôt pour frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur est aussi supprimée dans le projet. Cet avantage — quelques dizaines d’euros selon le niveau d’études — est qualifié de redondant et mal ciblé. Enfin, le projet prévoit de fiscaliser les indemnités journalières versées pour les affections de longue durée (ALD), jusqu’à présent exonérées, ce qui représenterait un gain pour l’État estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.
