Paris Saint-Germain : Rêvons plus grand, rêvons plus loin !

Résidant officiellement au Parc des princes depuis 1974, le Paris Saint-Germain est d’une certaine manière victime de ses ambitions depuis maintenant une décennie. La question ne date pourtant pas d’hier, mais après 100 matches consécutifs à guichets fermés, il est devenu urgent d’agir : Combien de temps les Rouge et Bleu peuvent-ils encore passer dans une enceinte d’un peu moins de 48 000 places ?

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Par Mathieu Sauvajot Publié le 17 janvier 2023 à 16h04
Psg Paris Saint Germain Stade Negociations
500 MILLIONS €Le PSG veut rénover le Parc des Princes pour 500 millions d'euros.

Un coup d’œil aux stades des grands d’Europe suffit, afin de comprendre l’étendue du problème. Qu’il s’agisse du Camp Nou de Barcelone, doté de 99 354 places, du stade Santiago Bernabéu en mesure d’accueillir 81 044 spectateurs, ou même d’Old Trafford, incontournable arène de Manchester United aux 74 310 sièges, le constat est sans appel au point que « Rêver plus grand » prend un tout nouveau sens.

Pourtant simple locataire, QSI a dépensé 85 M€ pour rénover le stade depuis son arrivée, et se dit prêt à engager 500 M€ supplémentaires afin de l’agrandir et porter la capacité totale à 60 000 places - dans le meilleur des cas - sous réserve bien entendu d’en devenir propriétaire. Hors, comme toujours lorsqu’il s’agit d’une question d’aménagement urbain, Anne Hidalgo manque de réalisme et a proposé dans un premier temps un prix jugé prohibitif, de l’ordre de 350 M€, avant de se rétracter, et déclarer dans les colonnes du Parisien que le Parc des Princes n’était « Très clairement pas à vendre », ajoutant que sa position était « Ferme et définitive ».

Le Paris Saint-Germain ayant dévoilé jeudi dernier que l’agrandissement était une condition non négociable afin de rester intra-muros, le départ semble à priori inévitable, mais les options ne sont pas nombreuses.

La première consisterait à jouer au Stade de France, dont la capacité est de 81 338 spectateurs, ce qui permettrait notamment de générer 87 M€ supplémentaires chaque année, grâce aux revenus provenant de la billetterie. Une idée qui elle non plus, ne date pas d’hier, l’Etat ayant déjà fait cette proposition au club de la Ville lumière il y a 25 ans, sous l’ère Canal +, mais l’invitation fut déclinée, car le stade était jugé non compatible avec l’ADN du club.

L’autre solution consisterait donc à construire un nouveau stade, sur-mesure, doté d’au moins 70 000 places, mais cette fois, c’est l’emplacement qui fait débat. Poissy est souvent évoqué, car après tout, c’est là où se situera le futur centre d’entrainement et de formation parisien, mais sa situation géographique est tout sauf optimale, tant pour des raisons d’identité que de transport. L’emplacement de l’actuel hippodrome de Saint-Cloud pourrait bien être une hypothèse plus convaincante géographiquement parlant, mais la banlieue, ce n’est pas Paris diront certains.

Néanmoins, le refus catégorique de la Mairie de Paris est loin de signifier la fin des négociations, au contraire, celles-ci ne font que commencer. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu’un revirement a lieu, souvenons-nous du dossier Roland-Garros en 2011, dont le déménagement à Versailles était pour ainsi dire acté afin un retournement de situation de dernière minute. D’autant plus que dans cette partie de poker menteur, Anne Hidalgo est loin d’avoir les meilleurs atouts dans son jeu : Endettement colossale de la capitale à hauteur de 7,7 Mds € et risque de mise sous tutelle, sans oublier l’exode des parisiens qui n’arrange en rien les finances de la ville. Il est donc bien peu probable que la maire de Paris souhaite ajouter un énième revers politique et économique à sa carrière, à moins de 18 mois de l’ouverture des Jeux Olympiques.

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Titulaire d’un Master de la Sorbonne, spécialisé dans les questions relatives à l’Amérique latine, Mathieu Sauvajot a d’abord rédigé des articles traitant de la géopolitique et de l’économie de ce continent, avant de se tourner vers le domaine du sport. Désormais, il est rédacteur auprès de Paris United ainsi que de l’Observatoire du Sport Business.  

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