Un plan de 500 milliards d’euros. C’est le chiffre-choc annoncé par le Parti communiste français (PCF) pour investir dans l’économie du pays. Fabien Roussel, son secrétaire général, veut à la fois augmenter les salaires, construire de nouvelles centrales nucléaires et moderniser le rail. Et il prévient François Bayrou : si le budget gouvernemental ne change pas, le PCF votera la censure.
Salaires, retraites, nucléaire… le PCF propose 500 milliards pour relancer la France

PCF : un pacte XXL pour répondre aux urgences
Samedi 23 août 2025, à Montpellier, le PCF a dévoilé son projet phare : un « pacte pour la France » doté de 500 milliards d’euros sur cinq ans. L’idée est simple à résumer mais énorme dans son ampleur : investir massivement pour relancer l’économie, soutenir les ménages et moderniser le pays. Selon Fabien Roussel, ce plan est « au service du climat et de la réponse aux urgences sociales ».
Concrètement, le PCF veut taper fort sur plusieurs fronts. Augmentation des salaires et des retraites, 200 000 logements construits chaque année, 20 centrales nucléaires à bâtir et de gros moyens pour le réseau ferré. Tout cela financé à hauteur de 100 milliards par an. Pour Roussel, ce pacte est une manière de répondre directement au quotidien des Français : logement, facture d’énergie, emploi, retraites.
La question tombe d’elle-même : comment financer une telle somme ? Roussel répond que « l’argent existe ». Pour le PCF, il faut aller chercher les fonds dans « nos banques, à la Caisse des dépôts, à la Banque centrale européenne », et les utiliser pour prêter à taux zéro à l’État, aux collectivités et aux entreprises. Autrement dit, plutôt que de serrer la ceinture, on injecte l’argent disponible dans des projets utiles.
L’objectif affiché est clair : investir aujourd’hui pour créer de la croissance et de l’emploi demain. Les communistes défendent l’idée qu’un tel plan d’investissement permettrait de relancer la consommation, de sécuriser l’énergie grâce au nucléaire et d’accélérer la transition écologique avec le ferroviaire. Pour les ménages, cela signifie potentiellement des salaires plus hauts, des retraites revalorisées et, à terme, un meilleur accès au logement.
Un bras de fer avec François Bayrou
En présentant ce pacte, Fabien Roussel a aussi voulu envoyer un signal politique. Le Premier ministre François Bayrou prépare son budget 2026, et le PCF n’hésite pas à mettre la pression. Roussel a été clair : si « la copie » du budget « ne bouge pas », « il y aura une motion de censure et nous la voterons ». Le message est net : soit le gouvernement intègre une vraie logique d’investissement, soit les communistes s’allient pour le faire tomber.
Pour Bayrou, déjà en difficulté à l’Assemblée avec un gouvernement en minorité, c’est une menace sérieuse. Chaque vote compte, et une motion de censure soutenue par plusieurs groupes pourrait faire basculer l’équilibre.
Ce plan du PCF se veut à la fois économique et stratégique. En misant sur le nucléaire, les communistes défendent l’indépendance énergétique. En mettant l’accent sur le ferroviaire, ils misent sur l’écologie et la mobilité du quotidien. Et en insistant sur les salaires et les retraites, ils ciblent directement le pouvoir d’achat. Bref, le projet entend répondre à la fois aux inquiétudes de long terme et aux besoins immédiats.
Au passage, Roussel n’hésite pas à élargir le débat. Sur le conflit russo-ukrainien, il a plaidé pour « un nouveau traité européen, intégrant tous les pays du continent, de Brest à Vladivostok », et défendu la neutralité de l’Ukraine, en refusant son entrée dans l’Otan. Une façon de montrer que, pour le PCF, la souveraineté économique et la souveraineté politique vont de pair.