Travailler plus pour sauver l’économie française ? François Bayrou relance l’idée. Dans une nouvelle vidéo postée sur YouTube, il revient à la charge avec sa proposition qui fait grincer beaucoup de dents depuis la présentation de son plan pour le budget 2026.
Suppression de deux jours fériés : Bayrou persiste et signe (sur YouTube)

Deux jours fériés de moins, mais toujours payés. L’idée revient dans le débat, et c’est François Bayrou lui-même qui relance la machine. Objectif : booster la production sans changer de modèle social.
Deux jours fériés de moins ? Bayrou assume, et insiste
Mercredi 6 août 2025, François Bayrou publie une vidéo sur sa chaîne YouTube, à peine vingt-quatre heures après son lancement sur la plateforme. Le message est clair : « Il faut produire plus. » Le Premier ministre explique que la France produit « entre 10 et 15 % de moins par habitant » que ses voisins européens. Un constat qu’il lie directement au nombre de jours non travaillés.
Sa solution : toujours celle de supprimer deux jours fériés. Le 8 mai et le lundi de Pâques sont cités comme exemples, mais il se dit « ouvert » à discuter des dates. Pour lui, « c’est un effort acceptable » si cela permet de sortir des difficultés budgétaires actuelles.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre du futur budget 2026, et Bayrou n’avance pas à l’aveugle. Selon ses propres estimations, retravailler deux jours chômés pourrait rapporter entre 4 et 6 milliards d’euros à l’État. Cela représenterait 0,5 % d’activité supplémentaire pour l’économie française, selon la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
Mais attention : ces deux jours ne seraient pas des journées de solidarité comme le lundi de Pentecôte. Ils resteraient payés, mais seraient travaillés, dans le public comme dans le privé. Une nuance que le Premier ministre souligne : « Ce n’est pas du tout la même chose. »
Syndicats, patronat, politiques : tout le monde est contre !
La réaction des syndicats lors de la présentation du budget 2026 ? Un refus catégorique. La CFDT parle d’un projet « inacceptable ». La CGT évoque « une honte », estimant que cela revient à trois mois de travail sur toute une carrière. Même la CFTC dénonce une mesure qui « n’est même pas efficace économiquement », rappelant que le lundi de Pâques est un des jours où les Français consomment le plus.
Le patronat, de son côté, redoute un mauvais coup pour le tourisme. Michel Picon, président de l’U2P, prévient : ce n’est « pas une bonne nouvelle » pour le secteur.
Côté politique, le Rassemblement national et la gauche sont vent debout. Le président du parti d'extrême-droite Jordan Bardella évoque une « attaque contre notre histoire ». Marine Tondelier (EELV) parle d’un « chiffon rouge », et Éric Coquerel (LFI) soupçonne un écran de fumée pour mieux faire passer d’autres mesures budgétaires.
Bayrou n’impose pas. Il propose. Et pour calmer le jeu, il annonce que les partenaires sociaux seront consultés. Le ministère du Travail prévoit une négociation formelle jusqu’à fin septembre, après envoi d’un document d’orientation début août 2025.
En attendant, le chef du gouvernement maintient sa ligne : il faut que la nation travaille plus. Il le dit aussi dans cette vidéo : le chômage des jeunes atteint 19 %, alors que les entreprises cherchent de la main-d’œuvre. Il veut un plan d’urgence pour inciter les jeunes à prendre un emploi, « qui leur mettra le pied à l’étrier ».