Pétrole : Eni décroche un contrat majeur au Venezuela

Le 2 septembre 2026, Eni a signé un accord stratégique avec le Venezuela pour devenir opérateur exclusif du champ pétrolier Junin-5. L’énergéticien italien investira 1,5 milliard de dollars par an pour porter la production à 400 000 barils quotidiens d’ici fin 2029, visant à réduire les prix pétroliers mondiaux et transformer sa rentabilité en Amérique latine.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 3 septembre 2026 6h02
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Eni s'engage à investir 1,5 milliard de dollars annuellement pour exploiter le champ Junin-5 au Venezuela. Ce projet pourrait influencer les prix pétroliers mondiaux et transformer la rentabilité du groupe italien en Amérique latine. Le 2 septembre 2026, Eni a signé un accord stratégique à Caracas avec le gouvernement vénézuélien, devenant opérateur exclusif d'un gisement contenant 35 milliards de barils de réserves certifiées.

Un accord stratégique de 1,5 milliard de dollars par an

L'accord accorde à Eni la responsabilité technique, financière et commerciale du champ Junin-5, situé dans la Ceinture de l'Orénoque. Présent sur le site depuis 2010 avec la compagnie d'État PDVSA, le groupe italien prend désormais seul en charge l'exploitation. Selon Claudio Descalzi, PDG d'Eni, « la signature d'un accord pétrolier avec le Venezuela constitue la première étape vers davantage de développement. » La cérémonie de signature a vu la participation de Delcy Rodriguez, présidente par intérim, et de Chris Wright, secrétaire américain à l'Énergie, soulignant la portée géopolitique de cet accord.

Objectifs de production ambitieux

Actuellement, Junin-5 produit 12 000 barils par jour, un volume modeste comparé au potentiel du site. Eni prévoit de produire 400 000 barils par jour d'ici la fin de la décennie, soit une multiplication par 33 de la production actuelle. L'investissement annuel de 1,5 milliard de dollars financera les infrastructures, les forages et les technologies adaptées au brut extra-lourd de la région. Eni ambitionne de dépasser un million de barils par jour au Venezuela, en tenant compte des volumes de PDVSA. En 2025, Eni produisait 64 000 barils équivalent pétrole par jour dans le pays, une production qui pourrait augmenter de 1 462 % si les objectifs sont atteints.

Enjeux économiques et réduction des prix pétroliers

Ce projet s'inscrit dans une stratégie coordonnée par Washington pour accroître l'offre mondiale de pétrole. En 2026, les prix de l'essence ont augmenté de plus de 40 % aux États-Unis, en partie à cause de la guerre en Iran et des tensions géopolitiques. Chris Wright a indiqué que « plusieurs accords seront annoncés, conduisant à plus que doubler la production pétrolière vénézuélienne dans les prochaines années ». Huit contrats signés le même jour avec Chevron, Shell, BP et Repsol représentent « des dizaines de milliards de dollars d'investissement », selon le secrétaire américain. L'objectif est de stabiliser les cours avant les élections de novembre 2026 et de soulager les consommateurs américains.

Déploiement et risques d'exécution

Pour atteindre une production de 400 000 barils par jour en trois ans, Eni doit mobiliser des ressources considérables. Cela implique le déploiement de plateformes de forage, d'unités de traitement, de pipelines et de terminaux d'exportation. Le brut de l'Orénoque requiert des technologies spécifiques pour son transport et son raffinage. L'investissement de 1,5 milliard de dollars par an soutiendra cette montée en puissance progressive : 50 000 barils/jour fin 2027, 150 000 fin 2028, puis le palier final. Chaque étape nécessitera une coordination avec PDVSA, la formation du personnel local et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement dans un contexte économique encore instable. La visite du secrétaire américain à l'Énergie témoigne du soutien politique à ces projets.

Le changement de régime au Venezuela, avec l'éviction de Nicolas Maduro et l'installation du gouvernement par intérim Rodriguez, crée une opportunité pour les investisseurs étrangers. Washington garantit un cadre juridique stabilisé et des licences d'exploitation claires. Néanmoins, le Venezuela reste vulnérable aux risques politiques : contestations internes, pressions internationales ou changements réglementaires. Eni s'engage sur le long terme, mais devra naviguer dans un environnement où la stabilité juridique est en cours de construction. La présence simultanée de majors américaines et européennes atténue les risques individuels. Les perspectives des cours du pétrole dépendront également du succès de ces projets au Venezuela.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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