Le prix du pétrole atteint un niveau critique : plus de 110 dollars le baril

En moins de 72 heures, les marchés de l’énergie ont changé de dimension. Le pétrole Brent a franchi les 110 dollars, tandis que le gaz européen s’envole au-delà des 50 euros le mégawattheure. Derrière cette flambée, une séquence militaire d’une rare intensité : frappes sur des champs gaziers, attaques de terminaux de GNL, menaces sur les routes maritimes. Pour les marchés, le message est clair : le risque énergétique est désormais systémique.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 19 mars 2026 6h04
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energie-petrole-hausse-bourse-israel-tensions - © Economie Matin
61 DOLLARSLe baril de BRent était à moins de 61 dollars le 2 janvier 2026.

Depuis fin février 2026, pétrole et gaz évoluent au rythme des frappes entre l’Iran, Israël et leurs alliés. Toutefois ciblant directement des infrastructures énergétiques majeures le 18 mars 2026, Israël a déclenché une riposte iranienne et un choc immédiat sur les prix.

Le 19 mars, le Brent atteint 112 dollars le baril, tandis que le WTI grimpe à 98,61 dollars, selon Reuters. Dans le même temps, le gaz européen sur le marché TTF dépasse 54,73 euros par mégawattheure, en hausse de plus de 6 % en une journée. Rarement les deux marchés auront réagi avec une telle simultanéité.

Pétrole : une envolée rapide au-dessus de 110 dollars sous l’effet des frappes sur les infrastructures énergétiques du Golfe

La hausse du pétrole s’inscrit dans une séquence militaire précise. Le 18 mars, Israël frappe le champ gazier iranien de South Pars, le plus grand au monde. Ce site représente environ 70 % de la production de gaz iranien, selon The Guardian.

Cette attaque change la perception du risque. Jusque-là, les infrastructures énergétiques étaient relativement épargnées. Désormais, elles deviennent des cibles prioritaires. Les marchés réagissent immédiatement. Le Brent, déjà sous tension, franchit les 108 dollars dans la journée, avant de dépasser les 110 dollars le lendemain.

Le 19 mars, la situation s’aggrave. L’Iran riposte en visant des installations énergétiques dans le Golfe, notamment le complexe gazier de Ras Laffan au Qatar. L’opérateur QatarEnergy évoque des « dégâts importants », selon Reuters. Cette escalade régionale alimente une nouvelle hausse.

Résultat : le Brent bondit de 3,44 % en une séance pour atteindre 111,07 dollars, tandis que le WTI atteint 98,61 dollars, toujours selon Reuters. Dans certains échanges intraday, le Brent frôle même les 112 dollars, qu’il franchit. Le Brent affiche, ce 19 mars 2026 à 6 heures 112,21 dollars le baril. En quelques jours, le pétrole a gagné plus de 10 dollars, porté par une prime de risque géopolitique massive.

Depuis le début de l’année 2026, la hausse est historique : plus de 50 dollars de plus pour un baril de Brent, plus de 30 dollars de plus pour le WTI. La menace d’un nouveau record historique du prix du pétrole qui dépasserait les 147 dollars de l’été 2008 se fait de plus en plus concrète.

Gaz : une hausse encore plus brutale

Le marché du gaz réagit encore plus violemment. Contrairement au pétrole, largement stocké et échangé, le gaz dépend fortement des flux en temps réel, notamment du GNL. Or, les frappes iraniennes ciblent précisément ces flux. Le complexe de Ras Laffan, visé le 19 mars 2026 par l’Iran en réponse à la frappe israélienne, est l’un des plus grands centres d’exportation de gaz naturel liquéfié au monde. Toute perturbation de ce site a des répercussions immédiates.

Les marchés européens sont particulièrement exposés. Depuis la réduction des importations russes, l’Europe dépend massivement du GNL, notamment qatari. Dès lors, la moindre menace sur l’approvisionnement se traduit par une hausse des prix.

Le 18 mars, le TTF atteint environ 54,73 euros par MWh, en hausse de plus de 6 % en une seule séance. La veille, les prix avaient déjà progressé d’environ 3 %, selon The Guardian. Cette succession de hausses traduit une nervosité extrême. C’est deux fois plus que début 2026.

Une crise énergétique alimentée par la peur d’un choc d’offre

Au-delà des événements militaires, plusieurs mécanismes économiques expliquent cette flambée simultanée du pétrole et du gaz.

Le premier est le risque de choc d’offre. Le Moyen-Orient concentre une part essentielle de la production mondiale d’énergie. Les frappes sur South Pars, Ras Laffan ou des installations aux Émirats réduisent ou menacent directement les capacités de production et d’exportation.

Le deuxième facteur est logistique. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial et une part significative du GNL, est désormais sous tension.

Le troisième facteur est financier. Les investisseurs anticipent une escalade. Ils intègrent une prime de risque dans les prix, ce qui amplifie la hausse. Comme le souligne Reuters, les marchés sont devenus « extrêmement volatils » face à l’intensification des frappes.

Enfin, il existe un effet de contagion entre les marchés. La hausse du pétrole renchérit les coûts de production et de transport du gaz. Inversement, la tension sur le gaz pousse certains acteurs à se reporter sur le pétrole, accentuant la pression.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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