Le 24 juillet 2025, l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) a publié ses chiffres semestriels. Résultat : le marché européen de l’automobile enregistre une baisse de 1,9 % des immatriculations de voitures neuves au premier semestre 2025, par rapport à la même période l’an dernier. Une baisse significative a également été observée en juin, accentuant une tendance structurelle déjà amorcée depuis le début de l’année.
L’automobile en déclin : une contraction tirée par le thermique
Le mois de juin 2025 a été marqué par un fort ralentissement du marché, avec un repli de 7,3 % en glissement annuel. Ce recul s’explique en grande partie par la chute des immatriculations de voitures thermiques. Selon l’ACEA, « à la fin du mois de juin 2025, les immatriculations de voitures à essence avaient diminué de 21,2 %, tous les principaux marchés ayant enregistré des baisses ». La France a connu le repli le plus sévère (–33,7 %), suivie par l’Allemagne (–27,8 %), l’Italie (–17,2 %) et l’Espagne (–13,4 %).
Le diesel subit le même sort : sa part de marché est tombée à 9,4 %, après une chute de 28,1 % sur un an. Cette désaffection pour les moteurs thermiques semble désormais irréversible, du moins dans les grandes économies européennes.
Marché européen : l’essor des modèles hybrides et électriques
Face à cette décrue thermique, les motorisations alternatives progressent. Au premier semestre 2025, les véhicules hybrides (HEV) représentent désormais 34,8 % des ventes, en hausse significative. L’ACEA précise : « Les nouvelles immatriculations de voitures hybrides-électriques dans l’UE ont augmenté pour atteindre le nombre de 1 942 762, portées par la croissance en France (+34,1 %), en Espagne (+32,8 %), en Italie (+10 %) et en Allemagne (+9,9 %) ».
De leur côté, les modèles 100 % électriques (BEV) atteignent 15,6 % de parts de marché, contre 12,5 % un an plus tôt. Trois marchés tirent cette dynamique : l’Allemagne (+35,1 %), la Belgique (+19,5 %) et les Pays-Bas (+6,1 %). La France, en revanche, enregistre un repli de 6,4 %.
Les plug-in hybrides (PHEV) poursuivent leur croissance avec +41,6 % en juin, soit le quatrième mois consécutif de hausse, atteignant 8,4 % de parts de marché.
Pourquoi le marché automobile recule-t-il malgré la transition énergétique ?
Ce paradoxe apparent – hausse des motorisations « propres » mais recul du marché global – s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, un contexte économique tendu : inflation persistante, taux d’intérêt élevés, recul du pouvoir d’achat. Ensuite, un attentisme croissant des consommateurs, qui hésitent entre différentes technologies en pleine mutation. Enfin, une baisse notable des aides publiques à l’achat, notamment en Allemagne, a contribué à ralentir la demande.
D’après Reuters, « Les ventes de voitures neuves en Europe ont chuté de plus de 5 % en juin. Le repli en Allemagne a été de 13,8 % ». Cette désaffection du premier marché continental pèse lourd dans la balance globale.
Des perspectives incertaines, mais une mutation irréversible
Malgré ce coup de frein, les signaux structurels sont clairs : la bascule vers l’électrification du parc automobile européen est enclenchée. Les immatriculations de modèles à batterie ont progressé même dans un marché en contraction, ce qui témoigne d’une demande en cours de stabilisation.
Cependant, la transition ne s’opère pas uniformément. Les écarts entre pays demeurent, les infrastructures de recharge restent inégalement réparties, et les constructeurs doivent ajuster leurs offres à une demande encore hésitante.
Le repli de l’automobile européenne en juin 2025 n’est pas un simple ralentissement conjoncturel. Il révèle une recomposition du marché sous contrainte : fiscale, technologique, réglementaire. Si les hybrides et électriques gagnent du terrain, la fragilité du contexte économique continue d’affecter la dynamique globale.

