La nomination de Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre le 10 septembre 2025 ne suscite pas l’adhésion espérée : plusieurs sondages révèlent que la majorité des Français expriment leur scepticisme, que ce soit parce qu’ils ne connaissent pas bien le nouveau Premier ministre, parce qu’ils s’en défient ou parce qu’ils ont des attentes fortes sur le pouvoir d’achat et la capacité à gouverner.
Sondages : Sébastien Lecornu n’a pas la confiance des Français

À peine nommé à Matignon le 10 septembre 2025, Sébastien Lecornu voit son image s’ancrer dans l’opinion avec difficulté. Les sondages publiés depuis sa prise de fonction montrent une popularité faible, bien en dessous de celle de ses prédécesseurs, et un niveau de confiance limité. Les Français interrogés se divisent entre rejet, doute et prudence, tout en plaçant la barre haut sur les priorités économiques et sociales qu’ils attendent de son action.
Sébastien Lecornu, un Premier ministre accueilli avec méfiance
Dès son arrivée, Sébastien Lecornu a enregistré des scores de confiance très faibles. Selon une enquête Toluna-Harris Interactive, seuls 34 % des Français déclarent lui faire confiance. Ce chiffre est largement en deçà des standards enregistrés pour un nouveau Premier ministre. De plus, une enquête Ipsos-BVA indique que seulement 16 % des personnes interrogées ont une opinion favorable, tandis que 40 % expriment une opinion défavorable et que 44 % déclarent ne pas le connaître suffisamment. Ces données traduisent une fragilité évidente, d’autant qu’un sondage comparatif souligne qu’il démarre « moins bien que François Bayrou à Matignon », avec cinq points de retard sur ce dernier.
La comparaison historique confirme cette difficulté : François Bayrou avait été accueilli avec environ 20 % d’opinions favorables, Michel Barnier avec 34 %, et Gabriel Attal avec 37 %. Comme l’a résumé un observateur cité dans la presse, « Sébastien Lecornu est le Premier ministre le moins bien accueilli par l’opinion depuis plusieurs décennies ». Cette affirmation illustre la profondeur du scepticisme ambiant.
Une opinion polarisée selon les appartenances politiques
L’analyse fine des sondages montre que la perception de Sébastien Lecornu varie fortement selon les sympathies partisanes. Parmi les électeurs de Renaissance, son niveau de confiance atteint 91 %, ce qui reflète la cohésion de la majorité présidentielle autour de lui. Les sympathisants des Républicains sont également nombreux à lui accorder crédit, avec environ 69 % d’opinions favorables.
À l’opposé, l’accueil est nettement négatif dans les rangs de l’opposition. Chez les électeurs de La France Insoumise, seuls 16 % lui accordent leur confiance. Du côté du Rassemblement national, le chiffre n’est guère plus élevé, avec 19 %. Comme l’a résumé un analyste interrogé par Public Sénat, « la polarisation idéologique pèse lourd sur la perception de Lecornu ». Ces clivages politiques accentuent la difficulté du nouveau Premier ministre à apparaître comme une figure de rassemblement.
Méconnaissance et attentes face aux défis économiques
Un autre trait marquant de l’opinion tient à la méconnaissance du personnage. Près de 44 % des Français disent ne pas avoir assez d’éléments pour juger Sébastien Lecornu, selon le baromètre Ipsos-BVA. Cette proportion témoigne d’une notoriété encore fragile, qui contraste avec la médiatisation intense des Premiers ministres précédents.
Mais au-delà de la méconnaissance, c’est surtout le doute sur les capacités de gouvernance qui domine. Seuls 27 % des sondés estiment qu’il parviendra à former un gouvernement capable d’obtenir la confiance d’une majorité parlementaire. Par ailleurs, 60 % pensent qu’il échouera à trouver un compromis avec l’opposition pour faire adopter le budget 2026. Les priorités exprimées par les personnes interrogées restent claires : le pouvoir d’achat, la maîtrise de l’inflation et la sauvegarde du système social. Ces attentes traduisent la pression économique qui encadre l’action du nouveau Premier ministre.
La perception de Sébastien Lecornu ne peut être dissociée de celle du chef de l’État. Plusieurs sondages publiés ces derniers jours montrent que la popularité d’Emmanuel Macron est tombée à son plus bas niveau depuis 2017, ce qui fragilise mécaniquement son Premier ministre. Les Français interrogés associent souvent leur jugement sur Lecornu à leur opinion du président, d’où un rejet accru chez ceux qui désapprouvent la ligne de l’exécutif. Comme l’a expliqué un politologue, « le nouveau Premier ministre porte le poids d’un président très impopulaire », ce qui renforce le scepticisme des Français sur sa capacité à incarner un nouveau départ.
