Stellantis affiche un bénéfice net de 300 millions d’euros au deuxième trimestre 2026, effaçant la perte de 1,87 milliard enregistrée un an plus tôt. Porté par une croissance exceptionnelle de 32% en Amérique du Nord, le constructeur italo-français voit ses revenus progresser de 13% à 43,5 milliards d’euros, malgré une Europe stagnante et des tarifs douaniers estimés à 1,2 milliard d’impact annuel.
Stellantis repasse dans le vert au deuxième trimestre 2026

Après avoir accusé une perte nette de 1,87 milliard d'euros au deuxième trimestre 2025, Stellantis affiche désormais un bénéfice net de 300 millions d'euros pour la même période en 2026. Un retournement spectaculaire qui illustre la capacité du constructeur italo-français à redresser la barre, porté par une dynamique nord-américaine exceptionnelle. Les revenus nets atteignent 43,5 milliards d'euros, en hausse de 13% sur un an, tandis que le résultat opérationnel ajusté bondit à 773 millions d'euros, contre seulement 213 millions douze mois plus tôt. Ces chiffres, publiés ce jeudi 30 juillet, confirment la guidance annuelle malgré un contexte marqué par les tensions commerciales internationales.
Du rouge au noir : le redressement spectaculaire de Stellantis en chiffres
Une perte de 1,87 milliard transformée en profit de 300 millions
Le contraste saisit immédiatement. En douze mois, Stellantis est passé d'une hémorragie financière à un retour aux bénéfices. Le deuxième trimestre 2025 avait vu le groupe plonger dans le rouge avec une perte nette de 1,87 milliard d'euros, conséquence d'une demande atone en Europe et de coûts de restructuration élevés. Un an plus tard, le bénéfice net s'établit à 300 millions d'euros, soit un redressement de plus de 2,1 milliards d'euros. Cette performance témoigne de l'efficacité des mesures d'assainissement engagées par la direction, notamment la réduction des stocks et l'optimisation de la production. Le flux de trésorerie industriel atteint 1 milliard d'euros, en amélioration d'un milliard par rapport au trimestre comparable de 2025, offrant au groupe une marge de manœuvre financière retrouvée.
Les revenus progressent de 13% malgré un contexte difficile
Les 43,5 milliards d'euros de revenus nets du deuxième trimestre 2026 marquent une croissance de 13% par rapport à la même période de l'année précédente. Cette progression intervient dans un environnement global peu favorable : ralentissement de la demande chinoise, expansion agressive des constructeurs locaux en Europe, tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le résultat opérationnel ajusté (AOI), indicateur clé de la rentabilité opérationnelle, s'élève à 773 millions d'euros. Ce montant représente plus du triple des 213 millions enregistrés au deuxième trimestre 2025. Antonio Filosa, administrateur délégué de Stellantis, souligne que « le deuxième trimestre a été caractérisé par des progrès continus, portés par l'Amérique du Nord et soutenus par des contributions importantes de toutes les autres régions. Nous avons amélioré les performances de tous nos principaux indicateurs financiers avec des revenus nets, un AOI et un flux de trésorerie industriel qui affichent tous des augmentations significatives. » La liquidité industrielle disponible s'établit à 44,1 milliards d'euros, garantissant la solidité financière du groupe.
L'Amérique du Nord : l'oasis de croissance dans un désert européen
Pourquoi le Nord America tire à lui seul la croissance (+32%)
Le moteur de cette performance porte un nom : l'Amérique du Nord. La région affiche une croissance des revenus de 32%, portée par le succès commercial des pick-up Ram et des SUV Jeep. Cette explosion s'explique par plusieurs facteurs convergents. D'abord, la reprise de la demande américaine après une période de déstockage massif. Ensuite, le positionnement stratégique de Stellantis sur le segment lucratif des véhicules utilitaires légers, où les marges restent élevées. Enfin, l'absence de concurrence directe des constructeurs chinois sur ce marché protégé par des barrières tarifaires. Le Nord America génère désormais l'essentiel de la rentabilité du groupe, compensant largement les difficultés observées sur d'autres marchés. Cette dépendance croissante interroge néanmoins sur la vulnérabilité de Stellantis face à un éventuel retournement conjoncturel outre-Atlantique.
L'Europe stagnante : le problème structurel de Stellantis
À l'inverse, l'Europe élargie n'affiche aucune variation significative de ses revenus. La stagnation du marché européen pèse lourdement sur les marques historiques du groupe, notamment Peugeot, Citroën et Fiat. La concurrence des constructeurs chinois s'intensifie, proposant des véhicules électriques à des prix défiant toute concurrence. Parallèlement, la transition vers l'électrique impose des investissements massifs sans garantie de rentabilité immédiate. La fermeture annoncée de l'usine de Douvrin en octobre 2026 illustre cette restructuration douloureuse. Les surcapacités industrielles en Europe obligent Stellantis à rationaliser son outil de production, avec des conséquences sociales majeures. Cette asymétrie géographique fragilise le modèle économique du groupe, qui doit impérativement trouver des relais de croissance sur le Vieux Continent pour équilibrer sa stratégie.
Les droits de douane commerciaux : une épée de Damoclès à 1,2 milliard d'euros
Comment les tarifs douaniers grèvent les marges de l'industrie auto
Les tensions commerciales internationales représentent une menace directe pour la rentabilité de Stellantis. Le groupe estime l'impact net des droits de douane entre 1 et 1,2 milliard d'euros pour l'ensemble de l'exercice 2026. Au premier semestre, les coûts nets liés aux tarifs douaniers s'élèvent déjà à 300 millions d'euros, malgré 400 millions de remboursements obtenus. Ces droits frappent principalement les importations de véhicules et de composants entre les États-Unis, l'Europe et la Chine. Chaque hausse tarifaire rogne les marges opérationnelles, obligeant les constructeurs à choisir entre répercuter les surcoûts sur les prix de vente (risque de perte de parts de marché) ou les absorber (compression de la rentabilité). Stellantis maintient néanmoins sa guidance 2026, tablant sur une croissance des revenus autour de 5% et un retour à un flux de trésorerie industriel positif en 2027.
