Impôt sur les grandes entreprises en 2026 : vers une surtaxe durable ?

À l’approche d’un exercice budgétaire sous tension, l’État reconduit en 2026 un impôt exceptionnel pesant sur les grandes entreprises. Ce choix suscite interrogations, car si les recettes attendues sont considérables, l’exécutif entretient un flou sur la pérennité de cette contribution au-delà de l’année.

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By Rédaction Published on 8 février 2026 15h05
Surtaxe Grandes Entreprises
Impôt sur les grandes entreprises en 2026 : vers une surtaxe durable ? - © Economie Matin
5%L’objectif affiché est clair : contenir le déficit public à 5 % du PIB en 2026.

Depuis le 18 janvier 2026, les modalités fiscales applicables aux grandes entreprises ont été redéfinies dans le cadre du Budget 2026. Parmi les mesures-clés, la reconduction d’une surtaxe sur les bénéfices des sociétés les plus puissantes financièrement révèle une volonté claire du gouvernement de contenir le déficit public. Toutefois, les signaux adressés par le ministre de l’Économie laissent entrevoir une possible prolongation au-delà de cette échéance, sans garantie formelle. Une orientation lourde de conséquences pour le tissu économique français. On fait le point.

Impôt sur les grandes entreprises : principe, fonctionnement et seuils d’application

En France, l’impôt sur les sociétés (IS) s’applique à l’ensemble des entités exerçant une activité lucrative, mais les plus grandes entreprises sont soumises à un régime renforcé en période de tensions budgétaires. En 2025, le gouvernement a instauré une contribution exceptionnelle ciblant les sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 milliard d’euros. Le mécanisme, temporaire à l’origine, est maintenu en 2026.

D’après la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon Métropole, environ 300 entreprises seront assujetties cette année à cette mesure. Deux paliers de surtaxe ont été définis, en fonction du chiffre d’affaires annuel déclaré. Ce dispositif s’ajoute au taux standard d’IS, actuellement fixé à 25 % pour la majorité des entreprises, comme le rappelle le site officiel des impôts.

Les grandes entreprises concernées relèvent généralement de secteurs à forte rentabilité ou à forte intensité capitalistique. La Direction des grandes entreprises (DGE) prend en charge leur gestion fiscale. Son rôle est notamment de garantir la conformité des déclarations, compte tenu des volumes financiers en jeu et de la complexité des montages juridiques.

Budget 2026 : une reconduction stratégique de la surtaxe, avec 7,3 milliards d’euros en jeu

La présentation du Projet de loi de finances pour 2026 a acté le prolongement de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Le texte, adopté via l’article 49.3 après des débats houleux au Parlement, confirme que cette contribution sera maintenue un an de plus, avec un rendement attendu de 7,3 milliards d’euros, selon le site Vie publique.

L’objectif affiché est clair : contenir le déficit public à 5 % du PIB en 2026. Selon le gouvernement, cette recette supplémentaire est essentielle dans un contexte où les dépenses sociales, militaires et climatiques pèsent lourdement sur les comptes de l’État.

Toujours selon Vie publique, ce maintien est justifié par le fait que la mesure n’a pas atteint son plafond de rendement initial de 8 milliards d’euros, en partie à cause de résultats inférieurs à ceux escomptés dans certains groupes industriels. Le ministère des Finances souligne par ailleurs que cette prorogation n'est ni exceptionnelle ni unique, et qu'elle s'inscrit dans une série de corrections fiscales conjoncturelles.

L’horizon 2027 reste incertain : entre ambiguïtés politiques et pression économique

Interrogé le 3 février 2026 sur la reconduction éventuelle de la surtaxe au-delà de 2026, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a adopté une position prudente : « Je ne peux pas vous dire que ce ne sera pas reconduit. Tout ça va dépendre d’un équilibre global et d’un budget global qu’il va falloir négocier », a-t-il déclaré lors d’une interview réalisée par nos confrères BFM et RMC. Cette absence d’engagement ferme entretient le doute au sein du monde économique.

Le ministre s’est toutefois dit personnellement favorable à une suppression en 2027, sans pouvoir en garantir la faisabilité : « Mon souhait, c’est qu’on n’en ait plus besoin en 2027, mais je ne peux pas m’avancer », a-t-il précisé. Ce flou est perçu par certains acteurs économiques comme un signal d’instabilité. Plusieurs dirigeants ont d’ores et déjà exprimé leur inquiétude face à un « climat fiscal incertain » qui pèserait sur les stratégies d’investissement à moyen terme.

De leur côté, des parlementaires de la majorité évoquent la possibilité de conditionner la suppression de la surtaxe à des engagements concrets sur le retour à l’équilibre budgétaire. Le débat politique est donc loin d’être clos. Le Sénat, à majorité opposée, avait d’ailleurs tenté en décembre 2025 de supprimer cette contribution lors des discussions sur la version initiale du PLF, mais cette initiative a été écartée en lecture finale.

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