Voiture électrique contre thermique : comment l’Europe a basculé en 2025

En 2025, la transition vers une mobilité électrique s’accélère en Europe. Les ventes de voitures électriques bondissent de près de 30 %, modifiant en profondeur l’équilibre du marché automobile et reléguant peu à peu les modèles à moteur thermique au second plan. Portée par une croissance globale modeste, cette évolution traduit un basculement durable vers les motorisations électriques et hybrides, avec des répercussions économiques et industrielles de premier plan pour l’ensemble de la filière.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 27 janvier 2026 17h30
Voiture électrique contre thermique : comment l’Europe a basculé en 2025
Voiture électrique contre thermique : comment l’Europe a basculé en 2025 - © Economie Matin

En 2025, le marché automobile européen enregistre une transformation profonde, portée par l’essor des voitures électriques, qui deviennent un moteur essentiel de la croissance globale des immatriculations, tandis que les ventes de voitures thermiques continuent de s’effacer.

Une croissance portée par l’électrification du parc

Les chiffres confirment une transformation nette du marché automobile européen. Selon les données publiées par l’ACEA, l’association européenne des constructeurs automobiles, le nombre d’immatriculations de voitures électriques neuves dans l’Union européenne a connu une progression spectaculaire. « Avec 1,88 million de nouvelles voitures électriques à batterie immatriculées sur les marchés de l’UE, les véhicules entièrement électriques ont représenté 17,4 % de l’ensemble des nouvelles immatriculations. » relève l’ACEA dans Electrive et dans ses chiffres pour 2025, soulignant une hausse de 29,9 % comparé à 2024 dans ce segment précis des véhicules électriques.

Cette accélération est significative lorsqu’on la met en regard de l’ensemble du marché. L’augmentation globale de toutes les immatriculations de voitures neuves en Europe n’a été que +1,8 % en 2025, ce qui souligne combien la dynamique des voitures électriques a largement dépassé celle du marché total. Dans ce contexte, les modèles électriques s’imposent comme des vecteurs de croissance, grâce notamment à une demande des consommateurs en progression constante, à une offre de modèles de plus en plus variée, et à un réseau d’infrastructures de recharge qui se densifie sur le continent.

Quelle place pour les voitures électriques dans un marché en recomposition

Pour comprendre l’ampleur de cette transition, il est essentiel d’examiner les parts de marché par types de motorisations. Les données disponibles montrent que l’électrification influence profondément la structure des ventes. D’après les statistiques publiées par l’ACEA pour la fin de 2025, les voitures à batterie électrique représentent près de 17,4 % des immatriculations nouvelles, tandis que les modèles hybrides continuent de gagner des parts significatives sur le marché européen.

Ce qui frappe dans ces chiffres est la relative marginalisation des motorisations classiques thermiques : essence et diesel ne constituent désormais plus que un tiers du marché total des immatriculations dans l’UE, selon les synthèses récentes des données de vente pour 2025. Cette nouvelle configuration vient confirmer une tendance observée sur plusieurs mois. L’essor des véhicules électrifiés (électriques et hybrides) s’accompagne d’un recul continu des voitures uniquement alimentées par des moteurs à combustion traditionnelle. Les chiffres disponibles jusqu’à novembre 2025 montrent déjà que les immatriculations de voitures à essence et diesel ont fortement diminué, avec des parts de marché réduites à des niveaux historiques.

Une transition à plusieurs vitesses selon les pays européens

La dynamique des ventes de voitures électriques n’est pas homogène à travers l’Union européenne. Selon les données publiées, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique ou encore le Danemark figurent parmi les pays ayant vendu le plus de voitures 100 % électriques neuves en 2025. En Allemagne, par exemple, plus de 545 142 voitures électriques ont trouvé preneur, tandis qu’en France ce chiffre s’élève à 326 922 unités, selon les dernières statistiques disponibles.

Ces disparités reflètent plusieurs réalités structurelles. Des politiques publiques de soutien variables, des niveaux d’incitations fiscales différents, et des préférences de marché propres à chaque pays. Par ailleurs, la concurrence entre motorisations ne se limite pas aux seules voitures électriques et thermiques. Les hybrides, qu’ils soient rechargeables ou non, captent une part grandissante des immatriculations, confortant leur rôle de pont entre les motorisations traditionnelles et l’électrification totale. Par exemple, jusqu’à novembre 2025, les véhicules hybrides rechargeables ont enregistré une progression notable, représentant près de 9,3 % des immatriculations, contre des niveaux bien plus faibles l’année précédente. Cette dynamique indique que, malgré la progression soutenue des voitures électriques, les motorisations hybrides continuent de jouer un rôle déterminant dans la transition énergétique du secteur automobile.

L’électrique devient le moteur principal du marché automobile européen

L’analyse du marché pour l’ensemble de l’année 2025 permet de percevoir une tendance lourde. L’électrification des voitures neuves s’impose progressivement comme le principal vecteur de croissance. La hausse de près de 30 % des ventes de voitures électriques et la part de marché qu’elles occupent désormais montrent que la transition n’est plus marginale mais constitue une réalité structurelle. Ceci s’inscrit aussi dans une dynamique plus large : les immatriculations de véhicules électrifiés (électriques, hybrides rechargeables et simples hybrides) représentent désormais une proportion dominante des ventes, tandis que les voitures majoritairement animées par des moteurs à combustion interne, qu’ils soient essence ou diesel, deviennent minoritaires sur le marché.

Cette recomposition profonde a des implications économiques significatives. Pour les constructeurs, l’adaptation des lignes de production, l’investissement dans les chaînes d’approvisionnement de batteries et la gestion du réseau de distribution deviennent des enjeux décisifs. Pour les économies nationales, elle se traduit par une évolution des emplois industriels, des besoins en formation et des infrastructures de recharge à déployer sur le territoire. Dans ce contexte, la forte progression des voitures électriques en 2025 en Europe illustre non seulement un changement de comportement des consommateurs, mais aussi une mutation profonde de l’industrie automobile vers des motorisations bas carbone.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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