L’industrie automobile est en crise depuis plusieurs années. Les prix des voitures neuves, eux, ne cessent de grimper. Selon une étude, les tarifs moyens ont explosé de 40 % en seulement quelques années. De quoi pousser beaucoup d’automobilistes vers l’occasion.
40 % d’augmentation : s’acheter une voiture neuve est devenu un luxe

S’acheter une voiture neuve, un luxe
Les chiffres publiés par Roole confirment une tendance inquiétante pour les automobilistes français : le prix des voitures neuves atteint aujourd’hui des niveaux historiques. En l’espace de dix ans, leur coût moyen s’est envolé, bouleversant les habitudes d’achat et creusant un fossé entre le marché du neuf et celui de l’occasion. Cette étude annuelle, considérée comme une référence dans le secteur, dresse un tableau précis d’un marché en mutation rapide, où le véhicule neuf devient progressivement un produit de luxe.
Entre 2018 et 2024, le prix moyen d’une voiture neuve en France est passé de 26 000 euros à 36 700 euros, selon l’étude 2025 de Roole. Une hausse de 40 % en seulement six ans, qui illustre la spirale inflationniste dans laquelle s’est enfoncé le marché automobile.
Cette envolée des prix s’explique, selon le club, par plusieurs facteurs convergents : la montée en gamme des modèles, l’électrification progressive du marché, mais aussi l’inflation et la hausse des coûts de production. Ces derniers touchent l’ensemble de la filière. Sans oublier que la concurrence chinoise fait du mal à l’industrie.
Une pénurie aux grandes conséquences
À cela s’ajoute un phénomène conjoncturel : la pénurie de véhicules neufs qui a frappé le marché mondial pendant et après la pandémie de Covid-19. Face à la rareté des composants, notamment électroniques comme les puces, de nombreux constructeurs ont préféré concentrer leur production sur les versions haut de gamme et mieux équipées, souvent les plus rentables. Cette stratégie a mécaniquement tiré les prix vers le haut, réduisant la disponibilité des modèles d’entrée de gamme.
De fait, les automobilistes s’adaptent face à cette nouvelle réalité. De plus en plus ont recours au leasing, ou location avec option d’achat. Ce mode s’est d’ailleurs imposé comme une solution intermédiaire. En effet, il permet d’accéder à une voiture neuve avec des mensualités plus abordables à court terme. Cependant, cette pratique contribue également à gonfler le prix réel du véhicule, selon l’étude.
L’étude Roole met également en lumière une évolution sociologique du marché : les acheteurs de voitures neuves sont de plus en plus âgés. L’âge moyen d’un acquéreur s’élève désormais à 55 ans, contre 44 ans à la fin des années 1990, selon des données du cabinet C-Ways. Cette progression spectaculaire illustre la perte d’accessibilité du neuf pour les jeunes générations. Les experts expliquent ce phénomène par des différences de pouvoir d’achat : les 25-44 ans, bien que plus enclins à changer de voiture, se tournent souvent vers des modèles d’occasion ou des véhicules en leasing, tandis que les plus de 50 ans, souvent propriétaires de leur logement, peuvent encore envisager un achat comptant.
