Crise énergétique : l’urgence de baisser les impôts de production

Face à la flambée des prix de l’énergie en France, il est temps d’en finir avec l’étranglement fiscal de nos entreprises. Alors que l’écart se creuse avec nos voisins européens, la nécessité de réformer le système fiscal français se fait pressante. La compétitivité de nos entreprises est en jeu, et avec elle, l’emploi et l’innovation.

Photo Jean Baptiste Giraud
By Jean-Baptiste Giraud Published on 27 mai 2026 7h39
Impôts : les PME surtaxées face aux grandes entreprises
Crise énergétique : l’urgence de baisser les impôts de production - © Economie Matin
4,4%Les impôts de production représentent 4,4 % du PIB

La crise énergétique, un révélateur implacable

La crise énergétique qui frappe de plein fouet les ménages français n’épargne pas non plus nos entreprises. Alors que les régions des Hauts-de-France à l’Occitanie voient les factures exploser, le poids des impôts de production devient insupportable. Ces impôts, qui s'élèvent à 4,4 % du PIB en France, contre une moyenne européenne de 2,4 %, représentent un handicap significatif pour la compétitivité française. Le contraste est saisissant avec nos voisins, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas, qui semblent mieux résister aux crises grâce à une pression fiscale plus modérée.

Il est indispensable de comprendre que des impôts de production élevés se traduisent par des coûts supplémentaires pour les entreprises, amoindrissant leur capacité à investir et à créer de l'emploi. Face à l'augmentation des coûts énergétiques, c'est un fardeau supplémentaire dont les entreprises françaises, déjà en difficulté, pourraient bien se passer. Pourquoi nos dirigeants s’obstinent-ils à maintenir un niveau d'imposition aussi élevé quand la concurrence internationale exige flexibilité et agilité ?

Comparaison avec les modèles européens

Prenons l’exemple de l'Allemagne : ce n’est pas son interventionnisme étatique qui fait sa force, bien au contraire, c'est la compétitivité de ses entreprises, soutenue par une fiscalité plus favorable. En allégeant les charges, on libère l'initiative, on favorise l'emploi et on stimule la croissance. Regardons aussi vers la Suisse, où les politiques fiscales pro-business ont attiré des entreprises du monde entier, contribuant à un dynamisme économique enviable.

La France, en revanche, persiste dans une voie obsolète, préférant accumuler dette publique et maintenir un appareil bureaucratique lourd. Pourquoi bafouer les exemples européens à succès par arrogance ou idéologie ? Nos entreprises ont besoin d'air, pas de réglementation étouffante. Simplification et allègement fiscal, voilà le chemin à emprunter pour s’affirmer sur la scène internationale.

L'urgence d'une réforme fiscale

Il est urgent de faire de la baisse des impôts de production le chantier prioritaire de notre réforme fiscale. Non seulement cela permettrait d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises, mais cela aurait aussi des effets positifs sur l'emploi et l'innovation. En réduisant la pression fiscale, nous pourrions attirer davantage d'investissements étrangers et redynamiser notre économie malade.

En somme, la crise énergétique n’est qu’un des multiples tests que nos politiques fiscales sont en train de rater. À quoi bon persister dans des méthodes qui échouent depuis des décennies ? La liberté économique, couplée à la responsabilité individuelle, doit primer sur l'étatisme et le clientélisme politique. La France a tout à gagner à embrasser des réformes ambitieuses qui placent l'initiative privée au cœur de notre modèle économique.

L'heure des grands choix est arrivée. Allons-nous persister à saborder notre propre économie, ou allons-nous enfin nous décider à entrer de plain-pied dans le XXIe siècle ?

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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