La consommation des ménages français est en chute libre.
Alerte : la consommation des Français s’écroule, la croissance suivra

Le 30 mars 2025, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a dévoilé les chiffres de la consommation des ménages pour le mois de mars. Ces derniers sont loin d'être rassurants. Dans un pays où la consommation pèse plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB), cette dégringolade n’est pas un « accident conjoncturel » : c’est un signal d’alarme.
Une consommation au plus bas depuis 2014
Avec un recul de 1 % en mars 2025, la consommation des ménages français marque un retournement sévère. Cette contraction suit une faible progression de 0,2 % en février. Ce recul touche tous les secteurs, des produits de première nécessité aux achats d’équipement. Une chute brutale qui ramène les dépenses des Français à leur plus bas niveau depuis 2014.
Ces chiffres ne sont pas à minimiser. La consommation finale des ménages constitue le principal moteur de la croissance française, représentant plus de la moitié (52 %)d u produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire l’ensemble des richesses produites dans le pays. Dès lors, lorsque les dépenses des Français diminuent, c’est l’ensemble de l’économie nationale qui en subit les conséquences.
Des Français de plus en plus inquiets
Le moral des ménages est, lui aussi, en recul. L’indice global de confiance reste scotché à 92, loin de sa moyenne historique de 100. Derrière cette apparente stabilité, les indicateurs de perception individuelle se détériorent.
Les Français sont de plus en plus nombreux à juger leur avenir économique sombre. Le solde d’opinion sur le niveau de vie futur dégringole à -53, un seuil alarmant. La peur du chômage regagne du terrain : +4 points en avril, atteignant un niveau de 51. L’opinion sur la situation financière personnelle reste également dégradée.
Et si certains perçoivent une amélioration théorique de l’environnement pour les achats importants, l’acte d’achat n’est pas là. Les indicateurs d’intention progressent, mais le comportement réel reste figé. Une dissonance qui traduit un climat d’attentisme, voire de résignation économique.
Une croissance en trompe-l’œil
Selon les estimations publiées par l’Insee le 30 avril 2025, le PIB a progressé de 0,2 % au premier trimestre. Un chiffre qui pourrait rassurer — à tort. Car cette croissance ne repose que sur deux béquilles : les exportations, fragilisées à court terme par la nouvelle politique tarifaire des États-Unis, et les investissements publics, artificiellement gonflés par les dépenses liées aux Jeux olympiques. Sans l’effet temporaire des variations de stocks, qui ajoutent mécaniquement 0,5 point, l’économie française afficherait en réalité un recul de -0,3.
La réalité est là : les Français consomment à peine (+0,1 % sur le trimestre de 2025), les entreprises freinent l’investissement (+0,3 %), et le commerce extérieur tire la croissance vers le bas (avec une contribution négative de -0,4 point, conséquence d’exportations en baisse de -0,7 % et d’importations en hausse de +0,4 %).
Une inflation en recul, mais sans effet de relance
Pour la première fois depuis 2021, les ménages estiment que les prix n’augmentent plus autant. Le solde sur l’évolution passée des prix passe en territoire négatif (-13 points). Pourtant, cette détente perçue sur les prix ne ravive pas la consommation.
Elle s’inscrit plutôt dans une logique de report des achats, de prudence renforcée. Car même sans flambée des prix, les inquiétudes sur l’avenir brident le moindre élan budgétaire.
Des perspectives noires
L’économie française donne l’illusion de tenir, mais c’est un équilibre est fragile, technique, voire artificiel. La croissance repose sur des stocks et des ajustements comptables. Les ménages n’achètent plus, n’y croient plus, n’espèrent plus.
La Banque de France table sur une croissance de 0,7 % pour 2025. Mais au vu des éléments précédemment exposés, cette projection semble pour le moins optimiste. En réalité, tous les voyants sont au rouge : la France ne redémarrera pas sans ses consommateurs. Or, aujourd’hui, ce sont eux qui freinent la machine, et aucun levier ne semble, pour l’instant, capable de redémarrer leur moteur.
