Le développement international s’impose désormais comme une priorité majeure pour une large part des entrepreneurs français. Selon le baromètre réalisé début janvier 2026, une majorité de dirigeants place l’expansion hors des frontières au cœur de leur stratégie, malgré des risques identifiés, des contraintes réglementaires nationales et un contexte économique encore instable.
Développement international : pourquoi les entrepreneurs français en font une priorité stratégique

Début janvier 2026, le baromètre des dirigeants français publié par Eurogroup Consulting en partenariat avec CCI France a clairement mis en lumière l’importance du développement international dans les stratégies d’entreprise. Plus qu’un simple levier opportuniste, le développement international apparaît comme une condition de compétitivité, voire de survie économique, pour de nombreux entrepreneurs qui veulent sécuriser leurs marges, conquérir de nouveaux marchés et limiter leur dépendance au marché national.
Le développement international, une priorité affirmée mais pensée avec prudence
Les entrepreneurs français affichent aujourd’hui une volonté claire de se tourner vers le développement international, tout en restant lucides sur les défis que cela implique. D’après le baromètre réalisé début janvier 2026, environ 56 % des dirigeants placent explicitement le développement international parmi leurs priorités stratégiques pour l’année. Cette orientation est directement liée à la recherche de rentabilité dans un contexte où la pression sur les marges reste forte. « Les entrepreneurs vont chercher la rentabilité là où ils pensent la trouver », a résumé Gilles Bonnenfant, président d’Eurogroup Consulting, lors de la présentation du baromètre, soulignant ainsi que le développement international n’est pas un choix idéologique mais bien une décision économique rationnelle. Parallèlement, environ 83 % des dirigeants mettent également en avant la priorité donnée à la performance financière et à la protection des marges, ce qui explique naturellement cette ouverture vers l’étranger, perçue comme une opportunité indispensable pour sécuriser l’avenir.
Cependant, cette dynamique ne signifie pas que les entrepreneurs abordent le développement international sans précautions. Selon les données publiées début janvier 2026, 38 % des patrons envisagent concrètement une expansion hors de France dès cette année. Cela montre une appétence réelle, mais aussi une approche mesurée, puisqu’une part importante des dirigeants se montre encore attentive aux risques potentiels. Les entrepreneurs restent conscients des aléas géopolitiques, des variations réglementaires et des décalages de cadence économique selon les zones du monde. Toutefois, même dans ce contexte, le baromètre souligne qu’un dirigeant sur deux se dit confiant, neutre ou optimiste quant à l’évolution de son activité, une tendance significative qui encourage le recours au développement international comme levier de croissance.
Pourquoi le développement international attire autant les entrepreneurs français
Si le développement international progresse ainsi dans les priorités, c’est d’abord parce qu’il répond à une logique économique très concrète. Le marché français, souvent perçu comme contraint, mature et fortement réglementé, limite parfois les perspectives de croissance interne. En conséquence, les chefs d’entreprise cherchent ailleurs de nouvelles capacités de progression. L’Europe reste naturellement la zone privilégiée pour ce développement international : proximité culturelle, cadre réglementaire relativement harmonisé et accès simplifié au marché unique rassurent les entrepreneurs. Néanmoins, selon le baromètre, l’intérêt s’élargit nettement vers d’autres zones, notamment l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient, régions perçues comme dynamiques, en croissance rapide et offrant des perspectives de débouchés industriels et commerciaux considérables. Ainsi, l’appétence pour le développement international est stimulée à la fois par la recherche de nouveaux relais de croissance et par la volonté de diversifier les risques.
Pour autant, le poids de la réglementation française apparaît comme un frein fréquemment évoqué par les dirigeants, et cela explique aussi pourquoi certains regardent vers l’extérieur. Entre contraintes administratives, règles fiscales jugées lourdes et norme sociale exigeante, de nombreux chefs d’entreprise considèrent que le développement international peut paradoxalement offrir une respiration stratégique. Dans leurs témoignages recueillis dans le cadre du baromètre, ils soulignent que certaines destinations étrangères apparaissent plus favorables à l’investissement, plus flexibles et parfois plus lisibles en matière de règles du jeu. Par conséquent, l’appétit pour l’international n’est pas uniquement nourri par l’opportunité économique mais aussi par une comparaison défavorable perçue vis-à-vis du cadre national. Cette perception alimente la détermination croissante à explorer de nouveaux marchés, d’autant plus que l’environnement français demeure marqué par une forte incertitude économique et réglementaire.
Décisions, ambitions et réalités : ce que disent les catégories d’entrepreneurs
Le baromètre montre également que le développement international n’intéresse pas toutes les catégories d’entrepreneurs de la même manière. Les grandes entreprises sont naturellement plus structurées pour franchir les frontières, grâce à leurs moyens financiers plus solides, leurs équipes export dédiées et leur expérience préalable. Toutefois, une évolution marquante ressort cette année : de plus en plus de PME et d’ETI osent envisager le développement international comme une étape naturelle de leur stratégie, et non plus comme un objectif réservé aux groupes mondialisés. Cela témoigne d’une maturité croissante du tissu entrepreneurial français, qui cherche davantage à se projeter, à se comparer aux concurrents internationaux et à ne plus se contenter d’un ancrage exclusivement national. Ce changement culturel contribue d’ailleurs à redéfinir la relation des entrepreneurs français avec la mondialisation.
Enfin, l’état d’esprit général des dirigeants éclaire aussi la dynamique actuelle. Même si le contexte reste exigeant, environ 51 % d’entre eux déclarent se sentir au minimum confiants, voire optimistes. Cette perception influence directement la place accordée au développement international : lorsque le moral se redresse, la capacité à prendre des risques augmente également. Les entrepreneurs voient dans l’expansion à l’étranger non seulement un levier économique mais aussi une façon de renforcer leur résilience face aux fluctuations internes. Ainsi, le développement international s’impose comme un outil stratégique pour préserver la performance, conquérir de nouveaux clients et mieux affronter les contraintes propres au marché français, tout en ouvrant leurs entreprises à une logique plus globale et plus compétitive.
