Épargne : le Livret A menacé par un taux à 1,4 % dès février 2026

La baisse possible des taux des livrets réglementés se précise. Selon plusieurs sources concordantes, l’épargne des Français pourrait être moins bien rémunérée dès février 2026, dans un contexte de reflux marqué de l’inflation.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 12 janvier 2026 11h09
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Épargne : le Livret A menacé par un taux à 1,4 % dès février 2026 - © Economie Matin
0,8%L'inflation en décembre 2025 s'est établie à 0,8% sur un an.

Depuis janvier 2026, le débat sur l’épargne réglementée s’est intensifié, alors que le taux du Livret A est déjà passé à 1,7 % en août 2025. À quelques semaines de la prochaine révision officielle, la perspective d’une nouvelle baisse concerne directement des millions d’épargnants et interroge sur l’avenir de la rémunération des livrets défiscalisés.

À quoi s’attendre pour l’épargne réglementée au 1er février 2026

La question centrale porte désormais sur l’évolution du taux du Livret A, pilier de l’épargne populaire en France. Selon Capial, l’application stricte de la formule réglementaire conduirait mécaniquement à un taux proche de 1,4 %. Cette baisse de la rémunération s’explique d’abord par le net ralentissement de l’inflation, mesurée autour de 0,8 % en décembre 2025 selon les données de l’Insee. Dans ce contexte, l’épargne perd progressivement l’avantage exceptionnel dont elle bénéficiait durant la période de forte hausse des prix.

Le LDDS suivrait la même trajectoire. En effet, ce livret d’épargne, distribué par chaque banque française, est indexé sur le taux du Livret A. Par conséquent, une baisse de l’un entraîne automatiquement la baisse de l’autre. Cette évolution pèserait sur la rémunération de l’épargne de précaution, même si les sommes restent totalement liquides et exonérées d’impôt, ce qui continue d’en faire un produit refuge pour de nombreux ménages.

Pourquoi la baisse des taux devient inévitable selon la Banque de France

Derrière cette perspective, le rôle de la Banque de France apparaît central. Son gouverneur, François Villeroy de Galhau, a rappelé début janvier sur France Inter que le taux du Livret A devait rester « significativement supérieur à l’inflation », selon des propos repris par Boursorama. Cette déclaration, tout en se voulant rassurante pour l’épargne, confirme implicitement que la rémunération est appelée à baisser lorsque la pression inflationniste s’atténue.

La formule de calcul repose sur une moyenne entre l’inflation passée et les taux interbancaires à court terme. Or, ces deux indicateurs reculent simultanément. Ainsi, même sans décision politique, la baisse du taux apparaît aujourd’hui comme une conséquence directe des règles en vigueur. Le gouvernement conserve la possibilité d’amortir partiellement le choc pour l’épargne, comme cela a déjà été le cas lors de précédentes révisions, en s’écartant temporairement du calcul théorique… mais il y a peu de chances que cette option soit retenue.

Quel impact concret pour les détenteurs de livrets d’épargne ?

Pour les épargnants, l’effet de cette baisse se mesure très concrètement. À titre d’exemple, un Livret A rempli jusqu’à son plafond réglementaire de 22 950 euros génère actuellement environ 390 euros d’intérêts annuels à 1,7 %. En cas de passage à 1,4 %, la rémunération tomberait à environ 321 euros, soit une perte proche de 69 euros par an, selon des estimations relayées par Capital. Cette diminution de l’épargne rémunérée touche en priorité les ménages les plus prudents, qui privilégient la sécurité à la performance.

Concernant le Livret d’épargne populaire, la situation est légèrement différente. Ce produit, réservé aux ménages modestes, bénéficie d’une protection réglementaire spécifique. Son taux doit rester au minimum supérieur de 0,5 point à celui du Livret A. Ainsi, avec un Livret A à 1,4 %, le LEP afficherait au moins 1,9 %.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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