Femmes, osons tout et, en premier lieu, s’autoriser à être soi

On me demande souvent : « Comment tu fais ? » Comme si cumuler plusieurs responsabilités en tant que femme relevait d’un exploit. Mais cette question, la poserait-on aussi spontanément à un homme ? Il est vrai que je remplis plusieurs fonctions : j’aime me présenter comme multi-casquette et je l’assume.

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By Laurence Comte-Arassus Published on 22 avril 2025 5h00
égalité salariale - grève des femmes en Islande
Femmes, osons tout et, en premier lieu, s’autoriser à être soi - © Economie Matin
25%Une femme touche toujours un salaire près de 25% inférieur aux hommes.

Je suis présidente du Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales (Snitem), vice-présidente de la Fédération Française des Industries de Santé (FEFIS), tout en dirigeant mon entreprise et en m’engageant dans plusieurs réseaux professionnels comme  Women in MedtechWomen for CEO  ou encore CDDIS. Mon quotidien, c’est un équilibre entre ces engagements et mon expertise dans les dispositifs médicaux, un secteur stratégique qui façonne la santé de demain.

Aucune de mes journées ne se ressemble, mais toutes ont un point commun : je m’autorise à changer de couvre-chef. Lecture des actualités, réunions avec les instances du secteur, points stratégiques sur la recherche et développement, coordination avec les industriels de la santé… Tout cela en parallèle d’échanges avec mes pairs pour faire avancer le rôle des femmes dans nos métiers.

N'ayez pas peur ! Il est possible d’y parvenir, à condition d’accepter qu’on ne puisse pas tout faire seule. Le dialogue avec l’autre est essentiel pour croître en tant que personne. Déléguer est une force, pas une faiblesse. Je l’ai compris avec le temps : c’est même une nécessité. Trop de femmes assument encore la majorité des tâches domestiques – en moyenne, elles consacrent chaque jour 1h30 de plus que les hommes aux travaux ménagers. Cette charge invisible, souvent acceptée comme une fatalité, peut freiner les ambitions ; combinée à l’autocensure, elle perpétue les inégalités. Cela s’observe non seulement dans les postes stratégiques occupés par les femmes, mais aussi les métiers qu’elles exercent. Ainsi, dans mon secteur, les femmes représentent 40 % des effectifs, mais seulement 12 % des postes liés à l’équipement et à la maintenance. Comment avancer si nous ne sommes pas présentes partout, à tous les niveaux ? Loin des injonctions à « tout réussir », il s’agit plutôt de s’autoriser à choisir sans s’obliger à trop renoncer. Car l’enjeu est bien là : ouvrir le champ des possibles pour que chacune puisse trouver son équilibre.

Mon énergie, je la puise dans la conviction que notre travail a du sens : prendre soin des autres. Mais pour cela, il faut d’abord savoir prendre soin de soi. Tout le monde n’a pas les mêmes besoins, les mêmes ressources, les mêmes modes d’apprentissage. Par exemple, j’apprends surtout dans l’échange, je cours deux à trois fois par semaine, et pratique d’autres sports les week-ends, au cours desquels je ne travaille pas. A chacune de trouver son équilibre entre vie personnelle et professionnelle.

Femmes, ne vous demandez pas si vous devez faire un choix entre carrière et engagement, entre ambition et famille. L'échec n'est pas un frein, mais un passage vers la réussite. Autorisez-vous à essayer, à ajuster, à recommencer. Trouvez votre espace, qui vous est propre et singulier. Osez prendre votre place, osez déléguer, osez refuser les carcans. Comme je l’ai déjà dit lors d’un TED x en 2019 : « Le changement, c’est d’être soi. ».

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DG de GE HealthCare

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