Le samedi 16 août 2025, les officines françaises pourraient baisser le rideau en masse. L’appel à la grève, lancé par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), marque un point de rupture : les professionnels refusent la réforme des remises sur les médicaments génériques, qu’ils considèrent comme un péril pour la viabilité du secteur.
Une réforme des génériques qui fracture le secteur
Le gouvernement a tranché : à compter du 1er septembre 2025, les remises accordées par les laboratoires aux pharmacies seront plafonnées à 30 % pour les génériques et à 15 % pour les biosimilaires.
Ce plafonnement met fin à une pratique ancienne : les remises pouvaient atteindre jusqu’à 40 % du prix hors taxes fabricant. Pour les syndicats, ce changement représente une rupture de modèle. Le 24 juillet, le Conseil d’administration de l’USPO a réaffirmé son refus, exigeant aucun point de remise en moins et un engagement ferme sur la rémunération.
Une grève impulsée par les syndicats d’officine
Face à l’impasse, l’USPO a décidé de frapper fort : le samedi 16 août, les pharmacies sont appelées à fermer leurs portes. Objectif affiché : envoyer un message fort au gouvernement en montrant ce qu’un jour sans officine pourrait signifier. « Cette fermeture prochaine vise à illustrer auprès du grand public et des décideurs politiques l’impact que représenterait la disparition des officines de proximité », précise l'USPO dans son communiqué.
Mais le consensus syndical n’est pas total. La FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France), deuxième structure représentative, n’a pas appelé à la grève. Son président, Philippe Besset, a déclaré : « Je ne vais pas mentir et dire que je suis en grève. »
Des chiffres alarmants pour les officines
Derrière cette grève, c’est un effondrement économique qui se profile. Selon les estimations relayées par la FSPF, la réforme pourrait entraîner un manque à gagner de 600 millions d’euros par an pour les pharmacies françaises. Et 800 officines seraient en danger de fermeture si aucune compensation n’est apportée.
Le Président de l'USPO, Pierre-Olivier Variot, alerte :
« Il y a aujourd’hui à peu près 30 % des officines qui ont une trésorerie très tendue. »
Ces chiffres frappent fort, surtout en milieu rural, où les officines assurent souvent le dernier rempart sanitaire. Les syndicats dénoncent une logique technocratique qui déconnecte les économies budgétaires des réalités de terrain.
Une ligne rouge pour le modèle officinal
Pour l’USPO, ce combat dépasse le strict cadre des marges. Il s’agit de défendre un modèle de proximité, enraciné dans les territoires, déjà confronté aux fermetures d’écoles, de maternités, de services publics.
La grève du 16 août apparaît comme un signal d’alarme. Ce n’est pas un refus de la réforme par principe, mais une exigence de négociation sérieuse, avec garanties économiques et visibilité sur la rémunération des pharmacies à moyen terme.
Le 16 août, un tournant pour les officines
Le samedi 16 août pourrait bien devenir une journée test pour le secteur officinal. Face à une réforme perçue comme brutale, les syndicats se lèvent, les chiffres s’alignent, les patients s’interrogent. Si les pharmacies ferment, ce ne sera pas pour partir en vacances, mais pour faire entendre une colère fondée sur une réalité chiffrée : celle d’un équilibre menacé.
