Un an après le Sommet pour l’Action sur l’intelligence artificielle et l’annonce de 109 milliards d’euros d’investissements, l’IA revient ce soir au cœur du pouvoir. À l’Élysée, Emmanuel Macron réunit entrepreneurs et figures clés du secteur pour dresser un premier bilan, mais surtout pour ajuster la stratégie française de l’IA avant un nouveau rendez-vous international majeur.
Start-ups IA : Macron a-t-il réussi son pari avec son sommet de 2025 ?

L’IA à l’Élysée, un rendez-vous politique et stratégique assumé
Ce 11 février 2026, Emmanuel Macron reçoit à l’Élysée une trentaine de dirigeants de la French Tech et plusieurs responsables industriels afin d’évaluer, un an après le Sommet pour l’Action sur l’intelligence artificielle, la réalité des engagements pris et la trajectoire suivie par la France dans la course mondiale de l’IA.
L’IA constitue désormais un sujet de pilotage politique régulier pour l’exécutif. Ce dîner à l’Élysée s’inscrit ainsi dans une continuité assumée, puisque Emmanuel Macron entend mesurer concrètement les effets du Sommet pour l’Action sur l’intelligence artificielle organisé en février 2025. Autour de la table, l’intelligence artificielle est abordée à la fois comme levier de souveraineté technologique et comme outil de transformation économique. En parallèle, ce rendez-vous permet aussi de préparer le prochain sommet international sur l’IA, attendu la semaine prochaine en Inde, pays coprésident du sommet parisien.
Dans ce contexte, l’IA n’est plus traitée comme une promesse abstraite mais comme une politique publique en cours d’exécution. Emmanuel Macron a convié des dirigeants issus des startups, des grands groupes et des institutions, confirmant que l’intelligence artificielle irrigue désormais l’ensemble des chaînes de décision. Cette diversité reflète la volonté de l’Élysée d’aligner innovation, industrie et régulation, tout en maintenant un dialogue direct avec les entrepreneurs de l’IA.
L’IA, moteur confirmé de la French Tech un an après le sommet
Un an après le Sommet pour l’Action sur l’intelligence artificielle, les chiffres confirment la montée en puissance de l’IA dans l’écosystème français. La France compte désormais plus de 1.000 startups spécialisées dans l’intelligence artificielle, contre environ 750 l’année précédente, selon le mapping publié par France Digitale en ce début de février 2026. Cette progression rapide positionne l’IA comme l’un des moteurs structurels de la French Tech, tant en matière d’innovation que d’emplois.
Sur le plan financier, l’IA a également changé d’échelle. En 2025, les startups françaises de l’intelligence artificielle ont levé plus de 2,6 milliards d’euros. Une part significative de ces montants provient d’une levée exceptionnelle de 1,7 milliard d’euros réalisée par Mistral AI, devenue emblématique de l’ambition française dans l’IA générative. Ces chiffres confirment que l’intelligence artificielle attire désormais des capitaux comparables aux grands pôles internationaux.
L’IA, entre gouvernance internationale et ambition française
Au-delà des résultats économiques, l’IA demeure un enjeu diplomatique et normatif majeur. Le Sommet pour l’Action sur l’intelligence artificielle avait réuni plus de 40.000 participants à Paris et mobilisé des acteurs issus de plus de 100 pays. À l’issue des discussions, 58 États se sont accordés sur le principe d’une gouvernance de l’IA qualifiée d’ouverte, inclusive et éthique.
Pour l’exécutif, cette gouvernance constitue un pilier stratégique. « Il y a eu un avant et un après le sommet de Paris », a déclaré Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au Numérique, le 10 février 2026. Cette affirmation traduit la volonté de l’Élysée de positionner l’intelligence artificielle comme un sujet de coopération internationale, tout en consolidant une capacité nationale d’innovation et de production technologique.
