Liquidation judiciaire : qui va reprendre Jennyfer ? Ce qu’il faut savoir sur les offres

« Douze repreneurs sur le papier. Deux propositions solides. Une centaine de points de vente. Et seulement 350 postes sauvés au mieux. » Voilà la réalité brutale à laquelle fait face Jennyfer. La marque de prêt-à-porter, fondée en 1984, vit ses dernières semaines sous perfusion judiciaire. Placée en liquidation fin avril 2025, elle emploie encore près de 1 000 personnes. Et ce sont leurs emplois, pas les vitrines, qui jouent leur survie.

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By Grégoire Hernandez Published on 15 mai 2025 8h46
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Liquidation judiciaire : qui va reprendre Jennyfer ? Ce qu’il faut savoir sur les offres - © Economie Matin
250 MILLIONS €Jennyfer revendique environ 250 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Ils sont douze à vouloir la marque. Mais combien veulent vraiment ses salariés ? Derrière les promesses, les chiffres piquent.

Jennyfer : douze offres, mais deux seulement crédibles

Les candidats avaient jusqu’au 13 mai 2025 pour se manifester. Verdict : douze offres ont été déposées devant le tribunal de commerce de Bobigny. Sur le papier, un intérêt réel. Mais dans les faits ? « Seules deux sont sérieuses, complètes et documentées », tranche Stéphane Ducrocq, avocat des représentants du personnel, cité par Fashion Network, AFP et Le Monde. Et encore, elles sont loin de satisfaire les syndicats : « beaucoup d’emplois seraient détruits », précise-t-il.
Même l'offre la plus intéressante, celle qui sauverait « 350 emplois » sur les 999 actuels, reste une coupe sévère. L’autre, moins disante, pourrait être portée par le groupe Celio associé à Salih Hallassi (actuel dirigeant de Pimkie), selon Le Monde.

Il y a un an à peine, Jennyfer sortait d’un redressement judiciaire avec un « investissement initial de 15 millions d’euros » et l’arrivée d’un nouvel actionnaire. Mais le rebond a été de courte durée. Le 30 avril 2025, c’est la liquidation. Et les causes sont connues. Dans un communiqué, la direction évoquait « l’explosion des coûts, la baisse du pouvoir d’achat, les mutations du marché textile et une concurrence internationale toujours plus agressive ». Une équation devenue « intenable ».
Entre 2023 et 2025, l’enseigne avait déjà dû se serrer la ceinture. Un plan de sauvegarde de l’emploi avait supprimé 75 postes, sans fermer de magasins.

Beaumanoir, le grand favori ?

Parmi les prétendants, un nom revient avec insistance : Beaumanoir. Le groupe breton, déjà propriétaire de marques comme Morgan, Bonobo ou Bréal, a confirmé à l’AFP une offre portant sur « 26 points de vente ». Ce serait l’une des deux propositions jugées sérieuses. D’après Fashion Network, elle permettrait de sauver 160 postes. Deux fois moins que la mieux-disante, mais assez pour rester dans la course.
La stratégie de Beaumanoir est connue : racheter, redresser, intégrer. Mais peut-il recréer une dynamique avec une enseigne dont le modèle s’est effondré face aux mastodontes du fast fashion et aux géants du e-commerce ? La question reste entière.

Le tribunal de commerce de Bobigny rendra sa décision le 28 mai 2025. En coulisses, les représentants du personnel espèrent encore. Stéphane Ducrocq reste clair : « On souhaite que les candidats revoient leur offre ou qu’un nouveau candidat sorte du bois. »
L’enseigne fondée en 1984 comptait mi-2024 220 magasins en France et 80 à l’international, notamment en Belgique.

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Étudiant en école de journalisme. Journaliste chez Économie Matin de 2023 à 2025.

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