Les jours fériés du mois de mai sont souvent synonymes de week-ends prolongés et de vacances improvisées. Pourtant, pour une partie des salariés français, ces journées peuvent se traduire par une perte de salaire ou par l’absence de majoration. Le droit du travail prévoit en effet plusieurs exceptions selon l’ancienneté, le type de contrat ou l’organisation du travail.
Les jours fériés 2026 peuvent-ils faire baisser votre salaire ?

Chaque printemps, le calendrier français aligne plusieurs jours fériés, ce qui en fait une période très attendue par les salariés. Mais derrière ces pauses bienvenues se cachent des règles juridiques parfois méconnues. Tous les travailleurs ne bénéficient pas des mêmes protections lorsqu’un jour férié tombe sur leur planning. Dans certains cas, la rémunération est maintenue ; dans d’autres, elle peut être réduite, voire inexistante.
Jours fériés : quelles règles pour le maintien du salaire ?
En France, le Code du travail recense 11 jours fériés légaux, parmi lesquels le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai, le 8 mai, l’Ascension ou encore le 14 juillet.
La règle générale est relativement simple : lorsqu’un jour férié est chômé dans l’entreprise et qu’il tombe un jour habituellement travaillé, le salarié doit continuer à percevoir son salaire. Cependant, cette garantie n’est pas universelle.
Le Code du travail prévoit en effet que le chômage d’un jour férié ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés ayant au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise. Autrement dit, un salarié récemment embauché peut, dans certains cas, ne pas être rémunéré pour cette journée si l’entreprise ferme.
Une autre particularité concerne le 1er mai, seule fête obligatoirement chômée pour la grande majorité des salariés. Ce jour-là, le maintien de la rémunération s’applique sans condition d’ancienneté. Lorsqu’un salarié est amené à travailler le 1er mai — par exemple dans la santé, les transports ou l’hôtellerie — sa rémunération doit être doublée.
Les catégories de travailleurs qui peuvent perdre de l’argent
Si le principe du maintien du salaire existe, plusieurs catégories de travailleurs peuvent néanmoins voir leur rémunération diminuer lors des jours fériés.
Première situation : les salariés qui n’ont pas encore trois mois d’ancienneté dans l’entreprise. Dans ce cas, si le jour férié est chômé, l’employeur n’est pas obligé de maintenir la rémunération.
Deuxième cas : certains statuts professionnels particuliers. Les travailleurs à domicile ou les salariés intermittents, par exemple, ne bénéficient pas automatiquement du maintien du salaire pour les jours fériés, sauf disposition conventionnelle spécifique.
Troisième situation : les salariés payés à l’heure ou au rendement. Si l’entreprise est fermée et que le jour férié correspond à un jour où ils ne travaillent pas habituellement, aucune rémunération supplémentaire n’est prévue.
Enfin, les salariés à temps partiel peuvent être concernés. Un jour férié ne sera payé que s’il correspond à un jour normalement travaillé dans leur planning.
Dans ces cas, les jours fériés peuvent donc se traduire par une journée non rémunérée, malgré leur statut officiel.
Travailler un jour férié : pas toujours de majoration
Autre idée reçue : travailler un jour férié ne signifie pas forcément gagner plus.
En réalité, la loi ne prévoit aucune majoration obligatoire pour les jours fériés ordinaires, contrairement au 1er mai.
Dans ce cas, le salarié perçoit simplement son salaire habituel, sauf si la convention collective prévoit un supplément.
Certaines branches professionnelles — commerce, hôtellerie, restauration ou grande distribution — ont ainsi mis en place des compensations, mais ce n’est pas une obligation générale.
Le Code du travail rappelle par ailleurs que les heures de travail perdues en raison d’un jour férié chômé ne peuvent pas être récupérées par l’employeur.
Le calendrier des jours fériés du printemps et de l’été 2026
Le printemps 2026 sera particulièrement riche en jours fériés, souvent propices aux week-ends prolongés.
Voici les principales dates :
- Lundi de Pâques : 6 avril 2026
- Fête du Travail : vendredi 1er mai 2026
- Victoire 1945 : vendredi 8 mai 2026
- Ascension : jeudi 14 mai 2026
- Lundi de Pentecôte : 25 mai 2026
- Fête nationale : mardi 14 juillet 2026
- Assomption : samedi 15 août 2026
Dans certains cas, ces dates peuvent donner lieu à des ponts, comme celui de l’Ascension. Dans l’Éducation nationale, par exemple, les écoles seront fermées le vendredi suivant l’Ascension en 2026, incitant de nombreux parents à prendre un congé.
Cependant, dans le secteur privé, la décision d’accorder un pont dépend généralement de l’employeur ou d’un accord collectif.
Un sujet qui dépasse la simple question du calendrier
Les jours fériés sont régulièrement au cœur du débat économique et politique. Certains responsables estiment qu’en réduire le nombre permettrait d’augmenter la productivité nationale.
La France compte actuellement 11 jours fériés légaux, soit un niveau proche de la moyenne européenne.
Mais dans la pratique, leur impact varie fortement selon les secteurs d’activité et les statuts professionnels.
Pour les salariés bénéficiant de conventions collectives favorables, ces journées représentent un avantage social important. Pour d’autres, notamment les travailleurs précaires ou les nouveaux embauchés, elles peuvent au contraire se traduire par une baisse de revenu sur la fiche de paie.
