Leasing social : qui peut avoir une voiture électrique pas chère ?

Le leasing social revient en France le 30 septembre 2025 : l’État reconduit ce dispositif de location à tarif très attractif pour les ménages modestes, mais avec des modalités revues. Quelles conditions faut-il cette fois-ci remplir, et qu’est-ce qui change par rapport à la première édition ?

Anton Kunin
By Anton Kunin Published on 29 septembre 2025 8h10
voiture électrique
Leasing social : qui peut avoir une voiture électrique pas chère ? - © Economie Matin
7é000 eurosDans le cadre du nouveau leasing social, le montant maximal de l’aide accordée par véhicule est de 7.000 euros.

Leasing social : quelles sont les conditions d’éligibilité en 2025-2030 ?

Le 30 septembre 2025 marque la réouverture du dispositif de leasing social, destiné à faciliter l’accès à la voiture électrique pour les foyers à revenus modestes. Pour bénéficier du leasing social en 2025, il faut respecter plusieurs conditions cumulatives. Il faut être majeur et résider en France. Le revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 16.300 euros (soit les cinq premiers déciles de revenus), alors qu’en 2024 la limite était fixée à 15.400 euros.

Ensuite, l’usage du véhicule doit être lié à l’activité professionnelle : il faut effectuer un trajet de plus de 15 km aller entre le domicile et le lieu de travail, ou parcourir au moins 8.000 km par an dans le cadre de son activité professionnelle. Ce critère d’usage était déjà présent en 2024 et est maintenu. Autre exigence : chaque loueur devra proposer au minimum une offre inférieure à 140 euros/mois parmi ses véhicules éligibles, pour pouvoir participer au dispositif.

Le leasing social s’applique à une location d’une durée minimale de trois ans (36 mois). Les loyers mensuels doivent rester inférieurs à 200 euros/mois, et l’aide couvre un montant maximal de 7.000 euros/véhicule. Par ailleurs, le dispositif ne pourra pas être cumulable avec le bonus écologique pour les voitures électriques. En 2025, l’aide devrait passer de 13.000 euros en moyenne par voiture à environ 7.800 euros. Enfin, le financement ne sera plus assuré directement par l’État, mais via les certificats d’économie d’énergie (CEE) imposés aux fournisseurs d’énergie, ce qui constitue une rupture majeure avec la première édition.

Nouvelle « édition » du leasing social : cette fois-ci, moins de générosité et plus de contraintes

La première édition (début 2024) avait été lancée avec d’importantes aides et peu de barrières, ce qui avait généré une forte affluence. En quelques semaines, 50.000 foyers avaient bénéficié du dispositif, ce qui dépassait largement les capacités prévues. À l’origine, l’aide cumulait le bonus et une prime spéciale, donnant jusqu’à 13.000 euros par véhicule pour certains bénéficiaires. Cette fois-ci, le dispositif est calibré pour tempérer les demandes excessives : les plafonds sont plus stricts, le cumul est interdit et le financement est externalisé via les CEE. Certains experts estiment que cette nouvelle version est rabotée pour garantir sa viabilité.

Une nouveauté pour 2025 : parmi les 50.000 voitures prévues, 5.000 seront réservées aux personnes dont le domicile ou le lieu de travail est dans une zone à faibles émissions (ZFE). Cette mesure vise manifestement à renforcer l’acceptabilité sociale des ZFE.

La sélection des véhicules éligibles est plus stricte : seuls les véhicules neufs répondant à des critères de production durable (soumis à un critère éco-score) et coûtant moins de 47.000 euros TTC sont retenus. Les modèles doivent avoir une autonomie WLTP d’au moins 200 km et un poids inférieur à 2,4 tonnes. De plus, du côté des loueurs, la règle d’une offre sous 140 euros/mois parmi leur parc initial est une contrainte nouvelle, visant à garantir des offres accessibles.

En 2025, les commandes seront ouvertes à partir du 30 septembre, et le dispositif court jusqu’au 31 décembre 2030 dans sa programmation pluriannuelle. Le dispositif cible en moyenne 50.000 dossiers par an via les CEE, sur la période 2025–2030. Lors de la première édition, le dispositif avait été fermé prématurément au bout de quelques semaines en raison de l’explosion des demandes. Cette année, l’objectif est davantage de maîtriser la distribution avec des quotas et un financement externalisé.

Attention, un cumul avec le bonus écologique sera impossible

Alors, quels modèles sont concernés ? Parmi la liste des 33 voitures éligibles du dispositif 2025, on retrouve la Citroën ë-C3, la Fiat Grande Panda (également à 95 euros), la Renault 5 E-Tech, la Peugeot e-208, la Mégane E-Tech etc. Les mensualités proposées s’échelonnent de moins de 100 euros/mois à environ 200 euros/mois, selon le modèle choisi. L’offre inférieure à 140 euros est rendue obligatoire pour chaque loueur. La Citroën ë-C3 est particulièrement mise en avant avec un loyer de 95 euros/mois sur 36.000 km en 36 mois, sans premier loyer majoré : l’aide prend en charge cette avance.

Si vous choisissez une voiture à, disons, 120 euros/mois sur 36 mois, cela revient à 4.320 euros de loyer total hors charges (entretien, assurance). Le dispositif prend en charge jusqu’à 7.000 euros, ce qui couvre largement cette somme, mais cela dépendra de la négociation du loueur et des conditions. Autre exemple : un foyer choisissant la C3 à 95 euros/mois payerait donc 3.420 euros sur 36 mois hors frais, largement dans la limite de l’aide maximale. Le non-cumul avec le bonus écologique limite cependant la « prime totale » dont on pouvait bénéficier en 2024. En d’autres mots, l’effort de l’État est réparti différemment.

Malgré les ambitions affichées, plusieurs analystes pointent les limites du dispositif. Le magazine Que Choisir évoque une « efficacité toute relative » : le système risque de ne pas atteindre pleinement sa cible faute d’offre suffisante ou de maîtrise des quotas. La forte demande observée en 2024, qui avait saturé le système, pose la question de l’équité entre demandeurs. Autre risque : la disponibilité des modèles éligibles. Comme en 2024, la contrainte de production automobile et les délais de livraison pourraient limiter l’accès concret pour certains bénéficiaires.

Enfin, le fait que le dispositif soit désormais financé via les CEE (et non plus directement par l’État) peut introduire des complexités administratives ou une modulation selon les fournisseurs d’énergie, ce qui était moins visible auparavant.

Anton Kunin

Après son Master de journalisme, Anton Kunin a rejoint l'équipe d'ÉconomieMatin, où il écrit sur des sujets liés à la consommation, la banque, l'immobilier, l'e-commerce et les transports.

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