Entre loyers stratosphériques dans les grandes métropoles et coûts modérés dans certaines villes de province, le logement étudiant devient un marqueur territorial fort en 2025. Cette disparité interroge sur l’efficacité des politiques publiques dans un contexte d’urgence économique et climatique.
Étudiants : le logement devient un luxe dans certaines villes

Depuis août 2025, le logement étudiant s’impose comme l’un des enjeux majeurs de la rentrée universitaire. En effet, selon les données croisées de LocService et de l’UNEF, le coût de la vie étudiante progresse de 4,12 % en moyenne sur un an. Cette hausse est portée principalement par l’explosion des loyers, notamment dans les grandes villes, accentuant les inégalités et impactant directement le pouvoir d’achat des jeunes.
Loyer étudiant : fracture territoriale et flambée urbaine
En France, les écarts de prix locatifs atteignent des niveaux historiques en 2025. Selon le classement national de l’UNEF, Paris reste la ville la plus chère, avec un loyer moyen de 915 €/mois pour un studio, contre seulement 385 € à Limoges pour une surface équivalente. Cette différence de 530 € illustre une véritable fracture géographique du marché. D’après l’étude : « Le logement représente toujours plus de 50 % du budget étudiant » (LocService / UNEF, 22 août 2025).
La tension locative ne se limite pas à la capitale. À Lyon, le studio moyen avoisine les 623 €, 675 € à Nice, 599 € à Marseille. Dans ces grandes agglomérations, la rareté de l’offre universitaire, conjuguée à une forte demande, tire mécaniquement les loyers vers le haut.
En revanche, d’autres villes universitaires maintiennent un équilibre. À Poitiers, Pau, Saint-Étienne ou encore Le Mans, le loyer mensuel pour un studio varie entre 336 € et 402 €, selon les chiffres compilés par Le Dauphiné Libéré à partir de 4 000 annonces fin juillet 2025.
Étudiants et économie : la charge locative comme facteur d’exclusion
L’augmentation du prix des logements étudiants n’est pas neutre. Elle pèse directement sur la soutenabilité du parcours universitaire. Le budget mensuel total d’un étudiant à Paris intra-muros atteint désormais 1 626,76 €, aides déduites. Dans les villes de province les plus accessibles, ce montant chute parfois de moitié.
Le syndicat UNEF alerte : « Les loyers augmentent en moyenne de 2,46 % en 2025 », mais certaines villes dépassent les 15 %. À Chambéry ou Nanterre, les hausses frôlent respectivement +19,26 % et +20 % sur un an. Ces évolutions brutales désorganisent les budgets étudiants et poussent certains à renoncer à des études loin du domicile familial.
À ce déséquilibre s’ajoute l’impact climatique. La hausse du coût énergétique, l’exposition de certains logements mal isolés ou anciens à des charges accrues, notamment en hiver, accentue la charge financière. La contrainte thermique devient ainsi un nouveau facteur de précarité.
Urbanisme, climat et démographie : un modèle locatif à repenser
La structure même des villes universitaires explique en partie cette flambée. Les zones les plus denses, comme Paris ou Bordeaux, manquent cruellement de résidences étudiantes à loyers modérés. Le parc locatif y est saturé, souvent mal adapté, et les logements meublés sont privilégiés — plus confortables mais aussi plus chers.
Parallèlement, les petites villes universitaires, souvent mieux pourvues en logements sociaux ou CROUS, offrent une solution plus abordable, mais parfois au prix d’un isolement géographique.
Le logement étudiant devient dès lors un révélateur multifactoriel : il condense des problématiques économiques, climatiques, urbaines et sociales. Sans correction structurelle, le risque est celui d’un accès à l’enseignement supérieur de plus en plus conditionné par l’origine géographique et sociale.